Et puis le 8 juin 1811:

«... J'arrangerai toutes les affaires dont tu me parles... etc.»

Et enfin au mois d'août 1813 (25 août):

«... Mets de l'ordre dans tes affaires; ne dépense que quinze cent mille francs par an, et mets de côté quinze cent mille francs; cela fera une réserve de quinze millions en dix ans, pour tes petits enfants: il est doux de pouvoir faire cette chose pour eux. Au lieu de cela, l'on me dit que tu as des dettes. Cela serait bien vilain. Occupe-toi de tes affaires, et ne donne pas à qui veut prendre. Si tu veux me plaire, fais que je sache que tu as un gros trésor: juge combien j'aurais mauvaise opinion de toi si je te savais endettée avec trois millions de revenu.

»Adieu, mon amie; porte-toi bien.

»Napoléon.[66]»

Cette lettre fit un effet d'autant plus douloureux sur l'Impératrice Joséphine, qu'elle fut écrite le jour de la fête de Marie-Louise et porte la date du 25 août... Lorsque sa rivale était entourée de fleurs, d'hommages, d'encens et de caresses, on lui donnait à elle les remontrances, les larmes et les chagrins!... Napoléon n'y avait certes pas songé, mais Joséphine le crut, et dans de pareils moments, sa dignité de femme était toute en oubli; elle fut malade, et la reine Hortense le dit à l'Empereur. Napoléon était bon quoiqu'il ne fût pas très-sensible: il envoya aussitôt un page à la Malmaison avec une lettre de quelques lignes que voici:

«Trianon, vendredi, huit heures du matin.

»J'envoie savoir comment tu te portes, car Hortense m'a dit que tu étais au lit hier. J'ai été fâché contre toi pour tes dettes... Je ne veux pas que tu en aies; au contraire, j'espère que tu mettras un million de côté tous les ans pour donner à tes petites-filles lorsqu'elles se marieront.

»Toutefois, ne doute jamais de mon amitié pour toi, et ne te fais aucun chagrin là-dessus, etc.»