[154] La petite Cour exilée vivait très retirée au château de Claremont, en Angleterre, que le Roi Léopold, à qui il appartenait alors, avait obligeamment mis à sa disposition.

[155] M. de Boismilon.

[156] On avait cru que le libéralisme de M. de Camphausen avait assez apaisé les esprits pour permettre au Prince de Prusse, que la colère du peuple avait, dès le commencement des troubles, forcé à se réfugier en Angleterre, de revenir à Berlin. Cependant, le Prince y était à peine arrivé que le ministère Camphausen fut renversé le 20 juin, après la prise et le pillage de l'arsenal, et remplacé par le ministère Auerswald.

[157] Une insurrection avait éclaté à Naples. Après six heures d'un combat acharné, les troupes royales étaient restées maîtresses de la ville, tout en perdant trois ou quatre cents hommes tués. La Chambre et la Garde nationale furent dissoutes et un nouveau Ministère fut formé sous la présidence de M. Cariati.

[158] Après un bombardement et des combats de rues qui avaient duré du 12 au 17 juin, le prince Windisch-Graetz était parvenu à terrasser l'insurrection de Prague. Pendant ces combats, la Princesse sa femme fut tuée traitreusement près de la fenêtre de son salon, entre ses deux sœurs, par un coup de feu tiré de l'autre côté de la rue.

[159] A l'Assemblée nationale de Francfort, le Comité des Cinquante avait plusieurs fois tenté de créer un triumvirat ou pouvoir central. Dans ce but, une Commission de onze députés fut élue au mois de juin. Elle désigna l'Archiduc Jean pour l'Autriche, le vieux Prince Guillaume pour la Prusse, le Prince Charles pour la Bavière. On les appelait, ironiquement, le Directoire des trois oncles, ces Princes étant les oncles des monarques de ces pays. Ce projet fut vivement combattu, et on finit, dans la séance du 23 juin, par élire un seul Dictateur, l'Archiduc Jean. Une députation porta l'offre de cette dignité à l'Archiduc, qui l'accepta, et le 12 juillet suivant, se présenta à l'Assemblée nationale.

[160] A la suite du licenciement de cent sept mille ouvriers des ateliers nationaux, une émeute avait de nouveau ensanglanté Paris pendant quatre jours. C'est alors que fut tué l'Archevêque, Mgr Affre, sur les barricades où il était allé porter au peuple des paroles de paix.

[161] M. de Pfœrdten.

[162] Les discussions sur la proposition d'un député, M. Stein, concernant l'armée et relative au contrôle que le Ministère devrait exercer sur les opinions politiques des officiers, s'étant terminées dans la Chambre au désavantage du Cabinet, le Ministère Auerswald démissionna le 11 septembre. Le 22 du même mois, le Roi nommait un nouveau Cabinet dont le général de Pfuel était le Président.

[163] On sait que les populations du Schleswig et du Holstein, qui désiraient leur union avec l'Allemagne, s'étaient soulevées contre le Danemark, et que les Prussiens étaient venus à leur secours. Après plusieurs combats sanglants, un armistice entre le Danemark et la Prusse avait été conclu à Malmœ, le 26 août. Or, l'Assemblée nationale de Francfort, ayant refusé de donner son assentiment à cet armistice, sous le prétexte que la Prusse n'avait pas demandé son autorisation, le Conseil des Ministres et tous les ministres de l'Empire avaient donné leur démission.