[164] Le château de Trachenberg, non loin de Breslau.

[165] Dans la matinée du 6 octobre, une partie du peuple de Vienne s'étant opposée au départ des troupes dirigées sur la Hongrie pour renforcer le baron Jellachich, une lutte sanglante éclata. L'hôtel du Ministère de la guerre fut pris d'assaut, le Ministre, comte de la Tour, fut égorgé, pendu à une lanterne et percé de balles. La troupe recula, et, repoussée sur tous les points, dut évacuer la ville. L'Empereur et la Famille Impériale, de retour à Vienne depuis le mois d'août, furent contraints de s'en éloigner de nouveau, et se dirigèrent vers Olmütz où l'Empereur devait abdiquer, le 2 décembre, en faveur de son neveu François-Joseph Ier.

[166] Le général comte Lamberg avait été nommé le 25 septembre commandant en chef des troupes hongroises. L'Assemblée nationale de Pest refusa de reconnaître cette nomination, déclara coupables de haute trahison tous ceux qui lui obéiraient, et, à son arrivée à Pest, le peuple irrité le mit à mort sur le pont qui réunit Bude et Pest.

[167] La Hongrie étant en pleine insurrection, les insurgés se saisirent du comte Eugène Zichy, l'accusant de communiquer avec l'armée autrichienne et d'avoir distribué une proclamation de l'Empereur; ils le firent passer devant un tribunal présidé par Georgei. Il fut condamné à mort, passé par les armes dans l'île de Csepel, et non pas pendu comme le premier bruit s'en était répandu.

[168] Le général Brédy avait trouvé la mort à Vienne le 6 octobre 1848 dans les combats que se livrèrent la populace et la garde nationale dans le faubourg de Leopoldstadt, peu d'heures avant que les insurgés ne se soient emparés de l'hôtel du Ministère de la Guerre.

[169] Par noirs et jaunes, on désignait le parti des Impériaux, dont les membres portaient les couleurs.

[170] Le 16 octobre, une nouvelle collision sanglante avait eu lieu à Berlin, entre la garde bourgeoise et les ouvriers, et elle ranima l'agitation dont cette ville était, avec de courtes intermittences, le foyer depuis le mois de mars.

[171] M. Arago, ministre de France, s'était montré à la foule qui, devant son hôtel, poussait des vivats en son honneur. Il prononça quelques paroles en français, et tendit la main aux personnes les plus proches de lui.

[172] Un nouveau Ministère, dont le comte Brandebourg était Président, et M. de Manteuffel ministre de l'Intérieur, avait été nommé à Berlin le 8 novembre. Dès le premier acte de son administration, il subit un échec. Une ordonnance du Roi, contresignée par le comte de Brandebourg, transférait l'Assemblée nationale dans la ville de Brandebourg; l'Assemblée se prononça à une immense majorité contre cette translation, et le gouvernement, ne pouvant plus marcher au milieu de cette anarchie toujours croissante, se décida à agir avec vigueur. Le 10 novembre, il fit entrer dans la capitale un nombre considérable de troupes qui occupèrent les abords de la salle de l'Assemblée, laquelle se sépara en protestant contre cette violence. Une ordonnance du Roi déclara alors la garde civique dissoute, puis, le 12, une autre ordonnance déclara Berlin en état de siège. Le général Wrangel eut le commandement des forces militaires, et toutes les mesures furent prises pour éviter une collision.

[173] Au mois de novembre 1848, toute la Famille Royale était tombée malade d'un empoisonnement, causé par les conduites de plomb des eaux.