[236] Après l'attentat d'Orsini, lord Palmerston proposa un bill pour modifier la loi sur les réfugiés. Lord John Russel parla contre cette proposition et froissa le Premier Ministre qui se brouilla avec lui, et le Cabinet tomba sous le blâme d'avoir gardé le silence sur une dépêche de M. Valewski, accusant le Gouvernement britannique de trop de tolérance pour les réfugiés. Quelques mois après, lord Palmerston et lord John Russel se réconcilièrent dans une entrevue chez M. Ellice et formèrent en juin 1859 un nouveau Cabinet.
[237] La Duchesse d'Orléans, qui habitait alors avec ses enfants à Richmond en Angleterre, était morte le 17 mai, enlevée en très peu de jours par une grippe inflammatoire, et sans qu'on se soit douté autour d'elle du danger qui la menaçait.
[238] De l'italien: le monde marche tout seul.
[239] La Reine Victoria vint à Cherbourg pour en visiter le port; elle fut reçue le 6 août 1858, avec autant de pompe que d'honneurs, par l'Empereur Napoléon III et l'Impératrice Eugénie. Un mois plus tard, la Reine vint à Potsdam et à Berlin pour y voir sa fille mariée depuis quelques mois au Prince Frédéric-Guillaume de Prusse.
[240] Appelé paletot classique par Humboldt.
[241] De l'anglais: «Comment pouvez-vous aller à une telle humiliation nationale?»
[242] La majorité de la Chambre, en Belgique, se basant sur l'avis que le projet du Gouvernement n'offrait pas assez de stabilité, en alléguant qu'une place forte intérieure serait plus utile, avait rejeté le projet du Gouvernement de fortifier le port et la ville d'Anvers. Le lendemain de ce vote, le Ministère donnait lecture à la Chambre de deux arrêtés royaux, l'un déclarant que le Gouvernement retirait son projet; l'autre que la session de la Chambre était close.
[243] Cette Conférence, où siégeaient les plénipotentiaires de France, d'Autriche, de la Grande-Bretagne, de Prusse, de Russie, de Sardaigne et de Turquie, avait pour but de régler l'organisation des Principautés danubiennes. Le 19 août, la première partie de cette tâche étant accomplie, une convention, arrêtée et signée, devait former un acte additionnel au traité de Paris. La Conférence, ayant rejeté le travail de la Commission relatif à la navigation du Danube, ce point resta encore en suspens.
[244] L'attentat d'Orsini fut le point de départ mystérieux de la phase des affaires italiennes et l'origine de la guerre de 1859, préparée, au fond, dès le Congrès de 1856. A partir de cette époque, la situation prit une gravité singulière et un emportement effaré sembla régner à Paris. Deux diplomaties s'y jouaient en même temps. D'un côté, le comte Walewski s'adressait de toutes parts pour réclamer des garanties contre le droit d'asile; de l'autre, l'Empereur Napoléon très tourmenté, surtout depuis la lettre qu'Orsini lui avait adressée la veille de son exécution, trouvait que, s'il y avait des conspirateurs, la faute était à la situation violente de l'Italie; et dans l'intimité des Tuileries, il se disait que tant qu'il y aurait des Autrichiens en Italie, il y aurait des attentats à Paris. Au mois de mai 1858, l'Empereur Napoléon faisait écrire secrètement au comte de Cavour une lettre contenant tout un plan d'alliance entre la France et le Piémont, les conditions d'arrangements réciproques, et même une proposition de mariage du prince Napoléon avec une fille du Roi Victor-Emmanuel; et il faisait prévenir de la possibilité d'une négociation décisive. Rien n'était pourtant possible sans une entrevue, et comme il en fallait détourner les soupçons, le docteur Conneau (médecin de l'Empereur) passa en juin par Turin, sous prétexte d'un voyage de plaisir en Italie, chargé de convenir d'une excursion, sans éclat, du comte de Cavour à Plombières où l'Empereur devait se rendre. Le Comte s'y achemina, en effet, sans bruit et y arrivait le 20 juillet. De suite, l'Empereur aborda le sujet en question et se dit décidé à appuyer la Sardaigne de toutes ses forces dans une guerre contre l'Autriche, pourvu que la guerre fût entreprise pour une cause non révolutionnaire, qui pût être justifiée aux yeux de la diplomatie et de l'opinion publique en France et en Europe. Il toucha ensuite la constitution d'un royaume italien de onze millions d'âmes, la cession de la Savoie et de Nice à la France, et le mariage du prince Napoléon avec la princesse Clotilde. Durant l'automne, on sortait des conventions verbales pour la signature d'un traité d'alliance offensive et défensive entre la France et le Piémont; et au grand étonnement de la France mal informée, Napoléon III, en recevant le 1er janvier 1859 le corps diplomatique, témoignait brusquement à M. de Hübner, ambassadeur d'Autriche, son regret que les relations fussent mauvaises entre Paris et Vienne. Ces quelques mots et ceux que le Roi Victor-Emmanuel prononçait quelques jours après, le 10 janvier, en ouvrant les Chambres, furent en quelque sorte l'éclair précurseur de l'orage qui allait éclater. C'était la première conséquence des engagements de Plombières.
[245] Le mariage ne fut célébré que le 2 octobre 1858.