[246] La Reine Élisabeth, qui était une Princesse de Bavière, avait, sous la pression de son beau-père Frédéric-Guillaume III, quelques années après son mariage, abjuré la religion catholique pour entrer dans l'Église protestante. Malgré cette situation difficile, le Roi et la Reine passèrent à Rome la plus grande partie de l'hiver 1858-1859.

[247] Fille du Roi de Saxe et première femme de l'Archiduc Charles-Louis d'Autriche. Cette Princesse venait de mourir en couches.

[248] Le nouveau Ministère prussien était ainsi composé: le prince de Hohenzollern-Sigmaringen, président du Conseil; M. d'Auerswald, ministre d'État; M. de Schleinitz, ministre des Affaires étrangères; le général de Bonin, ministre de la Guerre; M. de Patow, ministre des Finances; le comte Pückler, ministre de l'Agriculture; M. de Bethmann-Holweg, ministre des Cultes; M. de Heydt, ministre du Commerce; M. Simons, ministre de la Justice; M. de Flottwell, ministre de l'Intérieur.

[249] Dans une allocution que le Prince-Régent de Prusse avait adressée le 8 novembre au Ministère d'État, après la reconstitution du Cabinet, le Prince avait dit que, s'il s'était opéré un changement dans les conseillers de la Couronne, cela avait eu lieu parce qu'il avait trouvé chez tous les conseillers choisis par lui l'opinion qui était la sienne, à savoir: qu'il ne pouvait être question, ni maintenant, ni jamais, d'une rupture avec le passé, qu'il s'agissait seulement d'améliorer, là où l'arbitraire s'était fait sentir. L'opinion s'étant fort agitée sur ces paroles, les Ministres crurent nécessaire de les expliquer; mais ces explications étaient enveloppées d'obscurité et leur langage nébuleux rendait impossible d'y pénétrer.

[250] Ce programme était tout entier dans l'allocution du Prince-Régent au Ministère d'État, dont nous avons déjà parlé plus haut, et qu'une indiscrétion avait fait connaître aux gazettes qui, naturellement, l'imprimaient avec plus ou moins de vérité.

[251] Le prince Napoléon, accompagné du général Niel et de M. Bixio, était parti de Paris le 13 janvier pour Turin, où son mariage avec la princesse Clotilde, fille du Roi Victor-Emmanuel, fut célébré le 30 du même mois.

[252] Ce livre, qui parut au printemps de 1859, chez l'éditeur Michel Lévy à Paris, ne portait pas le nom de son auteur.

[253] La guerre était imminente, mais les Puissances médiatrices, comprenant que si elles voulaient en conjurer le fléau, elles devaient s'interposer activement, l'Angleterre donna à lord Cowley (alors ambassadeur de Londres à Paris), la mission de se rendre à Vienne pour sonder les dispositions de l'Autriche et amener la régularisation de ses rapports avec la Sardaigne; mais tout s'évanouit, quand, le 20 mars, éclata, en pleine Europe, une proposition de Congrès, venant de Pétersbourg (et en réalité, répondant à un vœu secret des Tuileries), qui compliquait la situation au lieu de la simplifier, en la faisant entrer dans une voie sans issue. Ce Congrès ne pouvait être et ne fut qu'une chimère.

[254] La révolution de 1848 ayant mis fin à sa carrière politique et militaire, le duc de Fezensac avait employé ses loisirs à écrire les souvenirs des grandes guerres de sa jeunesse dont il fit plus tard la publication.

[255] Le Moniteur du 4 mars contenait simplement ces mots: «Le Constitutionnel annonce que l'évacuation des États romains par nos troupes a été ordonnée, et que le corps d'armée français a déjà reçu l'ordre de se diriger sur Civita-Vecchia. Cette nouvelle est au moins prématurée.» Puis le lendemain, le Moniteur publiait une déclaration démentant tour à tour les bruits relatifs à des engagements contractés avec la Sardaigne et assurait qu'il n'y avait que la promesse, faite par la France, de défendre la Sardaigne contre tout acte agressif de l'Autriche, qui n'était nullement de nature à faire redouter la guerre.