[266] Le maréchal Canrobert, qui commandait le 3e corps d'armée, avait reçu l'ordre d'appuyer le général Niel; mais ne jugeant pas prudent de prêter, tout d'abord, son appui au commandant du 4e corps (celui de Niel) il crut plus sage de rester à surveiller les mouvements d'une colonne détachée dont le départ de Mantoue avait été signalé, ce qui amena entre les deux généraux d'amères récriminations après cette bataille de Solferino, qui fut livrée le 24 juin, les deux armées ennemies s'étant rencontrées inopinément, entre la Chiese et le Mincio. Le fruit de cette nouvelle victoire des armées alliées fut l'abandon par les Autrichiens de toutes les positions préparées par eux sur la rive droite du Mincio et amena les préliminaires de Villafranca.

[267] Une circulaire du comte de Cavour adressée, à la date du 14 juin 1859, à tous les représentants de la Sardaigne auprès des Cours étrangères, avait exposé le point de vue sous lequel il envisageait les derniers événements accomplis. Il rappelle d'abord que l'Autriche a refusé le Congrès proposé par la Russie, qu'elle a envahi le Piémont et que les victoires des armées alliées leur ont ouvert la Lombardie. Parlant ensuite des antipathies des populations italiennes qui ont éclaté contre l'Autriche et demandé l'annexion de leur pays au Piémont, M. de Cavour prouve que le Roi de Sardaigne, en acceptant ce vœu spontané de la volonté nationale, ne porte aucune atteinte aux traités existants, puisque l'Autriche, en refusant le Congrès, les a déchirés elle-même et a rendu les populations italiennes à leurs droits naturels. Le but, hautement avoué par le Roi, était l'indépendance italienne et l'exclusion de l'Autriche.

[268] Secrètement poussé par la Russie, qui ne pardonnait pas à l'Autriche son attitude pendant la guerre de Crimée, Kossuth lançait les nouvelles proclamations appelant la nation madgyare aux armes, à la lutte pour la liberté de la Hongrie et annonçait qu'il allait reparaître sur le sol de la patrie.

[269] Lady John Russell était la fille de lord Minto, connu par ses tendances libérales et son penchant pour la cause italienne.

[270] La Prusse s'efforçait justement d'amener les Gouvernements anglais et russe à tenter une médiation commune auprès des Puissances belligérantes, à laquelle, du reste, le Ministère anglais n'avait pas adhéré lorsque, par un inexplicable revirement d'idées, Napoléon III s'arrêta tout à coup, malgré une suite ininterrompue de victoires. Le 6 juillet, il offre un armistice à l'Empereur François-Joseph, alors à Vérone, avec son armée dans une situation fort compromise. La lutte est suspendue jusqu'au 15 août, et, le 11 juillet, Napoléon III et l'Empereur d'Autriche avaient, à Villafranca, une entrevue qui mettait fin à la guerre, avant que le comte de Cavour eût eu le temps d'accourir pour détourner le Roi Victor-Emmanuel d'adhérer à ce traité.

[271] Le prince Windisch-Graetz avait été envoyé à Berlin en mission militaire pour s'y assurer de la disposition des esprits et arrêter avec le Gouvernement la marche de trois corps d'armée, que l'Autriche devait mettre à la disposition de la Confédération germanique.

[272] En face de ce traité de Villafranca, qui n'était qu'une cruelle déception, laissant tous les problèmes à résoudre et ne répondant à aucune des espérances des Italiens, le comte de Cavour refusa de contresigner cette paix, abdiqua le Ministère, et l'âme remplie de douleur et d'agitation, remit aussitôt sa démission au Roi, croyant le devoir à lui-même, à son honneur et à sa politique. Il laissait le pouvoir à un Ministère formé avec le général La Marmora, Ratazzi et le général Dabormida.

[273] La Princesse Stéphanie de Hohenzollern avait épousé, en 1858, le Roi de Portugal.

[274] Dans ce discours, l'Empereur avait dit entre autres: «Si je me suis arrêté, ce n'est pas par lassitude ou par épuisement, ni par abandon de la noble cause que je voulais servir, mais parce que dans mon cœur quelque chose parlait plus haut encore: l'intérêt de la France

[275] Sous le prétexte que de nombreuses erreurs se seraient commises dans les tentatives de médiation faites par la Prusse, le Cabinet prussien avait adressé à tous ses agents diplomatiques en Allemagne une dépêche circulaire ayant le but de rétablir les faits.