[54: Voir Appendice IV.]
[55: Né à Hambourg en 1747, il fut appelé à Berlin par Frédéric II et nommé membre de l'Académie des sciences. Il mourut en 1826. La loi de Bode donne les distances des planètes au soleil.]
[56: Il aida la duchesse de Courlande à administrer Sagan de 1800 à 1805, c'est-à-dire depuis la mort du duc Pierre jusqu'au moment où la princesse Wilhelmine prit en main l'administration du duché. C'est ce même M. de Gœckingk qui présenta à la duchesse de Courlande Henriette Herz, femme célèbre dans la société berlinoise de cette époque; poète à ses heures, ses «Chansons de deux amoureux» eurent alors un certain succès (Henriette Herz, Ihr Leben und ihre Erinnerungen, Berlin, 1850, pp. 186 et 189).]
[57: Sœur du prince Louis-Ferdinand, mariée en 1798 au prince Antoine Radziwill, duc d'Olyka et de Nieswiez. Elle mourut en 1836. Elle était la marraine de la princesse Dorothée et c'est sous les auspices de ce souvenir que fut conclu à Sagan, en 1857, le mariage de mademoiselle Marie de Castellane, petite-fille et filleule de la duchesse de Sagan, avec le petit-fils de la princesse Louise de Prusse, le prince Antoine Radziwill.]
[58: Il régna plus tard sous le nom de Frédéric-Guillaume IV (1840-1861).]
[59: Né en 1781, mort en 1846. Il était le troisième fils de Frédéric-Guillaume II. En 1806 il commandait une brigade d'infanterie. En 1845, il eut le major de Moltke comme aide de camp.]
[60: Le prince Auguste de Prusse était frère du prince Louis-Ferdinand. Il fut fait prisonnier au combat de Prentzlow, le 6 octobre 1806, par le vicomte de Reiset et conduit en France comme prisonnier d'État (Souvenirs du Vicomte de Reiset, p. 226). Sur le séjour du prince Auguste de Prusse au château de Coppet et sur son projet de mariage avec madame Récamier en 1807, voir le livre très documenté de E. Herriot, Madame Récamier et ses amis, Paris, in-8°, 1904, t. 1, pp. 171 et suiv.]
[61: Il s'agit ici de Guillaume de Humboldt et non d'Alexandre, son frère. Guillaume de Humboldt (1767-1835) représente au plus haut degré le type de l'homme très cultivé (hochgebildeter Mann) qui, avec un grand fonds d'instruction première, a su s'assimiler toutes les idées de son temps. Il fonda l'Université de Berlin (1810) et fut ministre plénipotentiaire de la Prusse au Congrès de Vienne. C'est là qu'il reverra la princesse Dorothée de Courlande, devenue duchesse de Dino, qui accompagna le prince Talleyrand, son oncle, au Congrès. L'Académie royale de Berlin vient de publier une édition de ses œuvres complètes qui ne compte pas moins de 15 volumes in-8°. Si les écrits philosophiques de Guillaume de Humboldt n'ont guère franchi les limites du monde savant, ses écrits politiques (Politische Denkschriften, t. X-XII, formant 4 vol. de l'édition citée) ont exercé une profonde influence sur la formation de l'Allemagne contemporaine. Une œuvre d'un autre genre, mais célèbre en Allemagne, nous donne une idée de ce qu'il devait être dans ses relations du monde. Ce sont ses Briefe an eine Freundin qui contiennent toute une philosophie du bonheur puisé dans le parfait équilibre de l'âme. Les Lettres à une amie sont adressées à Charlotte Diede, personne d'une grande beauté, qu'il connut aux eaux de Pyrmont au temps où il était étudiant, dont il fut très amoureux pendant trois jours et à qui il écrivit régulièrement jusqu'à la fin de sa vie. Et c'est en vain qu'on chercherait dans cette correspondance intime un mot de nature à compromettre la mémoire d'un philosophe.]
[62: Jean-Pierre-Frédéric Ancillon (1767-1837) était issu d'une ancienne famille de Metz, émigrée en Prusse après la révocation de l'Édit de Nantes. Il avait fait un assez long séjour à Paris pour y achever ses études. À Berlin, il exerçait les fonctions de pasteur; prédicateur très éloquent, il était lié d'amitié avec les plus illustres de ses contemporains. Plus tard, et quoique immigré, il devint président du Conseil des ministres de Prusse (1831). Son Tableau des révolutions du système politique de l'Europe depuis la fin du XVe siècle (Berlin, 1803-1805), ouvrage aujourd'hui bien oublié, eut alors un grand succès et le plaça au premier rang des historiens de son temps.]
[63: Sur la société de Berlin à cette époque, on peut consulter les Souvenirs de Henriette Herz et de Rahel Varnhagen, déjà cités; les Tagebücher de Varnhagen (14 vol., 1866-1870, Leipzig); Geiger; Berlin 1688-1840; Geschichte des geistigen Lebens der preussischen Hauptstad, Berlin, 1895, t. II, pp. 186-206: Gesellschaften und Clubs; K. Hillebrand, la Société de Berlin, de 1789 à 1815, Revue des Deux Mondes, 1er mars 1870. Voici ce qu'il dit en particulier de la maison de la duchesse de Courlande, d'après les Mémoires de Henriette Herz: «La duchesse de Courlande… était une des premières grandes dames chrétiennes de Berlin, qui réagit contre la séparation des classes, déjà un peu effacée parmi les hommes et qui osa disputer aux riches Juives (mesdames de Grotthuis et d'Eybenberg, filles du banquier Cohen, et surtout Henriette Herz, la Récamier allemande, et Rahel Levin, mariée à Varnhagen) le droit d'accueillir et de patronner le talent. Son exemple fut bientôt suivi et l'aristocratie prussienne mit autant d'amour-propre à se distinguer par l'esprit et par la culture de l'esprit que naguère elle en avait mis à étudier la science héraldique. Le salon de madame de Courlande réunissait toutes les classes de la société et les distinctions religieuses y étaient entièrement inconnues. Juifs et chrétiens, savants et grands seigneurs, grandes dames et comédiennes, tout cela s'y rencontrait, s'y confondait, car la duchesse s'attachait à placer ses hôtes à une douzaine de petites tables séparées où il fallait bien que les grandes dames fissent bonne mine aux convives roturières avec lesquelles l'habile maîtresse de maison savait les mêler. Cet exemple fut contagieux et eut d'excellents résultats pour le rapprochement des classes. C'est dans cette maison que se rencontrèrent Rahel et le prince Louis-Ferdinand, madame de Staël et Auguste-Guillaume de Schlegel, qui avait remplacé son frère à Berlin, la princesse de Radziwill, sœur du prince Louis-Ferdinand, et Jean de Müller, le célèbre historien, madame de Genlis et le comte de Tilly, ami de Mirabeau, Genelli, le peintre, et Gualtieri, l'humoriste, Frédéric de Gentz, la plus puissante plume de publiciste que l'Allemagne ait jamais eue, et Guillaume de Humboldt, le diplomate philosophe; en un mot, tout ce que Berlin comptait de distingué par l'esprit.—Il fallait, ajoute Henriette Herz, l'indépendance, l'énergie, l'esprit et le tact de la duchesse pour ne pas échouer dans une pareille entreprise… C'est dans la maison de la duchesse de Courlande que madame de Staël fit choix d'un petit nombre d'amis qui devinrent ensuite ses familiers à elle: Erinnerungen, cap. xv (Die Herzogin Dorothea von Kurland und ihr Haus. pp. 186-195).]