[64: Devrient, dans son Histoire de l'art dramatique en Allemagne, présente madame Unzelmann comme une actrice de génie, une femme du monde accomplie, un modèle de grâce. (Geschichte der deutschen Schauspielkunst, 3 vol. in-12, 1848, Leipzig, t. III, p. 275.)]
[65: Jean de Müller (1752-1809), Suisse d'origine, fut d'abord conseiller aulique à Vienne; en 1804, il vint à Berlin en qualité d'historiographe du roi de Prusse. En 1807, Napoléon le fit nommer, par le roi Jérôme, ministre secrétaire d'État du royaume de Westphalie. L'œuvre principale de Jean de Müller est l'Histoire de la Confédération suisse, qu'il laissa inachevée. Ses œuvres complètes (40 vol., 1831-1835) comprennent plus de 10 volumes de Lettres. C'est Jean de Müller qui rédigea le mémoire fameux que le prince Louis-Ferdinand, les frères du roi et un certain nombre de personnages politiques signèrent et remirent au roi, le 2 septembre 1806, pour le déterminer à renvoyer le ministre Haugvitz, les conseillers de cabinet Beyme et Lombard et à se déclarer contre la France. (Ce mémoire est reproduit en entier dans Pertz, Das Leben der Ministers Freiherrn v. Stein. 6 vol. Berlin, 1849-1855.)]
[66: Madame de Staël, qui l'avait vu jouer à Berlin, dit de lui: «Il est impossible de porter plus loin l'originalité, la verve comique et l'art de peindre les caractères, que ne le fait Iffland dans ses rôles. Je ne crois pas que nous ayons jamais vu au Théâtre français un talent plus varié ni plus inattendu que le sien.» (De l'Allemagne, 2e partie, chap. XXVII). Iffland fut en outre un auteur dramatique fécond. L'édition complète de ses œuvres ne comprend pas moins de 24 volumes (édit. de Vienne, 1843).]
[67: Iffland fut directeur du Théâtre de Berlin de 1796 à 1814; voir Devrient: Ifflands Direction des Berliner Nationaltheaters, t. III, pp. 274-310.]
[68: Le Théâtre-Royal continua ses représentations après l'entrée des Français à Berlin, le 25 octobre. Le 23, on avait joué les Organes du cerveau; le 24, la Vente de la maison et l'Amour et la Fidélité, le 25, Belmont et Constance; le 26, on joua Iphigénie en Tauride, le 27, l'Abbé de l'Épée et Alexis; le 28, le Mariage secret; le 29, Phèdre et le bon Cœur.—Le public trouvant que Berlin manquait de distractions, on demanda au gouverneur de rétablir l'Opéra-Italien, dont les pensionnaires étaient subventionnés par l'État.]
[69: Le prince Adam-George Czartoryski naquit à Varsovie, en 1770, et mourut à Montfermeil, près Paris, en 1861. Après le dernier partage de la Pologne en 1795 il fut pris comme otage à Saint-Pétersbourg; il se lia avec le grand-duc Alexandre qui devenu empereur le nomma ministre-adjoint des affaires étrangères. La faveur du souverain lui laissait concevoir une Pologne reconstituée et autonome, sous la protection de la Russie. Déçu dans ses espérances, il se démit de ses fonctions en 1807. Nommé sénateur palatin du royaume de Pologne en 1815, il tomba en disgrâce en 1821. En 1831, élu président du gouvernement national polonais, ses biens furent confisqués; il s'établit alors à Paris et devint le chef du parti aristocratique de l'émigration polonaise. Il a laissé des Mémoires, 2 vol. in-8°, Paris, 1887.]
[70: Ce n'est qu'en 1797 que le prince Adam Czartoryski fut attaché à la personne du grand-duc en qualité d'aide de camp général. Voici comment il raconte lui-même, dans ses Mémoires, l'origine de leurs relations qui datent de 1796: «Le spectacle, les promenades, les bals à la cour nous rapprochèrent davantage, mon frère et moi, des jeunes grands-ducs qui nous traitaient toujours avec une prévenance visible. Je m'occupais alors du dessin. Le grand-duc Alexandre l'ayant appris m'en fit apporter quelques-uns qu'il examina, ainsi que la grande-duchesse, avec beaucoup de bienveillance… M'ayant rencontré un jour, il me dit qu'il regrettait de me voir si rarement et m'ordonna de venir le trouver au palais de la Tauride, que nous nous promènerions dans le jardin qu'il voulait me montrer. Il m'assigna le jour et l'heure… Je regrette de n'avoir pas marqué la date précise de ce jour; il eut une influence décisive sur une grande partie de ma vie et sur les destinées de ma patrie. C'est de ce jour et de la conversation dont je vais rendre compte que commença mon dévouement au grand-duc, je puis dire notre amitié…» (t. Ier, pp. 93 et 95).]
[71: Le prince Czartoryski relate dans ses Mémoires les propos sur lesquels il fondait cette espérance: «Il me dit alors (pendant la promenade au jardin, 1796) qu'il ne partageait nullement les idées et les doctrines du cabinet et de la cour; qu'il était loin d'approuver la politique et la conduite de sa grand'mère, qu'il condamnait ses principes, qu'il avait fait des vœux pour la Pologne et pour sa lutte glorieuse, qu'il avait déploré sa chute, que Kosciuszko était à ses yeux un grand homme par ses vertus et par la cause qu'il avait défendue, qui était celle de l'humanité et de la justice. Il m'avoua qu'il détestait le despotisme partout et de quelque manière qu'il s'exerçât; qu'il aimait la liberté, qu'elle était due également à tous les hommes; qu'il avait pris l'intérêt le plus vif à la Révolution française; que, tout en réprouvant ces terribles écarts, il souhaitait des succès à la république et s'en réjouissait». (t. I, p. 96).]
[72: «Un matin je reçus une lettre du comte Rostopchine dans laquelle il me disait que j'avais été nommé ministre de l'empereur auprès du roi de Sardaigne, que je devais incontinent me rendre à Pétersbourg pour y prendre connaissance de mes instructions et partir dans huit jours pour l'Italie…» Mémoires, (t. I, p. 188).]
[73: Le 24 mars 1801.]