«Je vous adresse le rapport suivant sur les dégâts et les morts causés dans la ville par le bombardement. Les ravages sont épouvantables. Tout un quartier, d'une longueur de mille yards sur cent de large, est réduit en cendres. Des familles entières ont été brûlées vivantes avec les bâtiments. Les troupes royales ont commis d'horribles atrocités. Dans d'autres parties de la ville, des couvents, des églises et des édifices isolés ont été détruits par les bombes. On en a lancé onze cents de la citadelle sur la ville, et environ deux cents des navires de guerre, sans compter les boîtes à feu, la mitraille et les boulets.

«L'armistice à été indéfiniment prolongé, et l'on espère que les puissances européennes s'interposeront pour empêcher une plus longue effusion de sang.

«La conduite du général Garibaldi, pendant l'action et depuis la suspension des hostilités, a été noble et généreuse.»


III

C'est ainsi que le 30, au matin, dans la bonne ville de Palerme, tout le monde se levait, aspirant à pleins poumons l'air de la liberté. Ses cent quatre-vingt-dix mille habitants pouvaient causer de tout impunément, et s'en donner à crier: A bas François II! A bas les Napolitains! sans que le moindre sbire vînt leur mettre la main au collet et les conduire, avec accompagnement de coups de trique, jusque dans de jolis petits cachots bien noirs et bien infects.

Les couleurs italiennes flottaient partout, et, sauf les déserteurs, il ne restait pas en ville, ni dans la citadelle, l'ombre d'un guerrier du roi François II. Bien plus, afin d'effacer jusqu'au souvenir de la domination napolitaine, une quantité innombrable de jeunes patriotes de huit à douze ans,

La valeur n'attend pas le nombre des années,