«Deuxième bulletin.—17 juillet, deux heures avant minuit.

«Medici au Dictateur.

«L'ennemi renouvelle l'attaque avec une plus grande énergie et de plus grandes forces. Le combat dure depuis plus de deux heures avec un feu nourri, continu, vif, imposant. L'ennemi a bombes et canons. Avec des positions bien choisies, il résiste énergiquement. Deux charges des nôtres à la baïonnette décident de la journée.

«L'ennemi se retire à Milazzo; il a souffert de graves pertes en morts et en blessés. Nous avons peu de morts, mais bon nombre de blessés. Nous avons fait quelques prisonniers. L'esprit des volontaires est admirable.

«Signé: MEDICI.»

Avant d'en venir au combat de Milazzo, il est nécessaire de donner quelques détails topographiques sur le champ de bataille.

La ville de Milazzo est située à l'entrée d'une presqu'île étroite et plate. A toucher la ville une courte chaîne de collines, sur le premier mamelon de laquelle se trouve le château de Milazzo, s'élève et s'étend jusqu'au bout de la presqu'île sur un développement d'environ deux kilomètres. Tout à fait à l'entrée de la presqu'île, avant la cité, à travers un terrain sablonneux et couvert de roseaux, se faufile une petite rivière sur laquelle est jeté un pont d'une seule arche. Tous les alentours sont obstrués par des roseaux à tiges élevées; au delà, quelques terrains sablonneux, traversés par la route consulaire qui vient aboutir à l'entrée du pont, s'étendent jusqu'aux terres cultivées qui montent en pentes insensibles vers Barcelona. Le pays est couvert de vignobles et les champs sont presque tous entourés de murs de pisé et de terre d'une hauteur moyenne d'un mètre ou un mètre cinquante, sur lesquels croissent d'épais cactus aux épines acérées. Après les engagements du 17 et du 19, les troupes royales occupaient la route consulaire et les positions environnantes, l'artillerie avait pris position sur la route, et, en tête du pont, une fortification passagère, armée de canons, assurait la retraite en cas de besoin.

Les troupes de Medici, dans la plaine en avant de Barcelona, étaient séparées des troupes royales par deux milles environ; mais les tirailleurs étaient à peine à quelques centaines de mètres les uns des autres.

Le 20, vers cinq heures du matin, on entendit sur la droite des Garibaldiens, à la hauteur des avant-postes du centre napolitain, quelques coups de feu dont la fumée se confondait avec les légères vapeurs qui s'exhalaient de la terre. Cette fusillade s'étendit bientôt sur le front d'une partie de l'armée. A cinq heures et demie, la mousqueterie, devenue très-vive, annonçait de part et d'autre un engagement sérieux.

Le feu devint bientôt général. Une affaire décisive était engagée à un mille et demi de Milazzo et sur une étendue de deux milles environ.