«Camp national de Meri, le 20 juillet.
«Ce matin à six heures commençait un échange de coups de fusil; on crut d'abord à une affaire d'avant-postes, mais ce fut bientôt une mêlée générale. Les royaux avaient de l'artillerie, les nôtres en manquaient. La mêlée fut terrible: les royaux étant à l'abri, les nôtres se battant à découvert. Un moment la position parut difficile; mais au nom magique de Garibaldi, les nôtres s'étant élancés comme des lions, les positions furent enlevées, et, à trois heures vingt-cinq minutes, nos troupes entraient à Milazzo, après s'être emparées de cinq pièces d'artillerie, dont trois conquises pendant le combat, hors des murs, et les deux autres à l'entrée.
«Le vapeur le Véloce canonna le fort, où les royaux se renfermèrent, toujours poursuivis à la baïonnette; ils y sont pressés comme dans un baril d'anchois.
«Les nôtres ont pris ensuite la première porte du fort et un bastion, où notre drapeau flotte sur une tour.
«Nous devons déplorer des pertes graves; celles des royaux sont énormes. On regarde comme certain la reddition du fort et de la colonne entière. A l'instant arrive un renfort pour nous avec des canons rayés. Les soldats de Spadafora se retirent au Jesso.»
«Deuxième bulletin.—21 juillet.
«Hier, à six heures du matin, la lutte s'engagea à Milazzo, et elle ne finit qu'à huit heures du soir. La mêlée fut terrible. On combattait sur toute la ligne. Il y eut un grand carnage des bourbonniens qui se battaient avec beaucoup de ténacité, de sorte qu'il fallut gagner du terrain pied à pied sous une pluie de mitraille. Le champ de bataille, couvert de cadavres ennemis et de bagages de toutes sortes, avec cinq canons, fut enfin conquis aux cris de: Vive l'Italie! vive Garibaldi!
«Nos jeunes gens ont rivalisé d'enthousiasme avec les braves de la légion Garibaldi, qui a été la première au combat et la première à courir à la baïonnette pour forcer Milazzo et s'emparer aussi des premier et deuxième réduits de la forteresse, toujours la baïonnette dans les reins des bourbonniens.
«Nos pertes n'ont pas été excessives. La légion Garibaldi a eu quelques hommes légèrement blessés; nos jeunes gens ont aussi un peu souffert, mais les pertes des braves du continent ont été sensibles. D'énormes dommages ont frappé, l'ennemi qui, en fuyant, a été acculé aux redoutes et de là dans le reste de la forteresse. Il a été poursuivi jusque-là, et on a coupé les conduites d'eau.
«Ce matin 21, le héros Bosco s'est présenté au Dictateur et a demandé à sortir avec les honneurs de la guerre. «Non, a répondu Garibaldi, vous sortirez désarmés, si cela vous plaît.»