Les lieux incultes nous présentent déjà quelques-unes des espèces que nous retrouverons dans la région saharienne, entre autres les : Atractylis microcephala, Anabasis articulata, Herniaria fruticosa, Astragalus tenuifolius, Echium humile, etc. — La présence de ces espèces sahariennes s’explique par une moindre altitude, par la présence de terrains salés, et surtout par l’action du vent du sud qui fait déjà sentir là sa puissante influence.

Liste des plantes observées dans les terrains incultes aux environs des Tamarins.

Des ruines indiquent que les Tamarins furent jadis un poste occupé par les Romains. — La route s’éloigne bientôt du cours de l’Oued Tarfa pour se rapprocher de l’Oued Fedâla, quelle traverse et longe ensuite pour descendre dans le ravin creusé par le lit de cette rivière ; ce ravin est encaissé entre les pentes argileuses et pierreuses des Djebel Tilatou et Madou, et ses pentes présentent de nombreuses touffes de Retama sphærocarpa et de Passerina hirsuta. A l’extrémité du Djebel Tilatou, l’étendue occupée par des ruines romaines dans un élargissement de la vallée montre toute l’importance qu’avaient les établissements romains dans cette partie du pays. Quelques champs de céréales cultivés par les indigènes promettent, grâce à l’irrigation, d’assez belles récoltes. Plus loin, nous traversons l’Oued Fedâla et l’Oued Ksour vers leur confluent, et nous suivons l’Oued El-Kantara, réunion de ces deux cours d’eau, et encaissé entre des montagnes escarpées ; au nord-ouest s’élève le Djebel Metlili constitué par d’énormes blocs de rochers, dont les assises, souvent régulières et verticales, apparaissent de loin comme une muraille immense ; au sud-est le Djebel El-Gaous moins élevé, à pentes moins escarpées, est formé de blocs jetés sans ordre, et dont un grand nombre se sont éboulés dans la vallée. Dans tous les points où la rivière a déposé une épaisse couche de terre végétale, les indigènes ont cultivé le sol, et arrosent leurs moissons par des travaux d’irrigation exécutés avec intelligence, et qui n’ont besoin que de quelques perfectionnements. Ces atterrissements nous présentent déjà plusieurs des espèces que nous retrouverons dans les endroits arrosés de la région saharienne :

Là nous rencontrons également le Cordylocarpus muricatus, que, dans la province d’Oran, nous n’avions pas vu dépasser les limites du Tell. — Les montagnes resserrent de plus en plus l’étroite vallée que nous venons de suivre, et bientôt nous arrivons au pied de la muraille de rochers gigantesques qui semblent fermer l’accès de la région saharienne ; ce n’est qu’après avoir contourné une dernière colline que l’on voit apparaître l’étroite brèche creusée par le torrent, et formant l’entrée du célèbre défilé d’El-Kantara : à droite et à gauche s’élèvent perpendiculairement les rochers de l’immense massif qui paraissaient devoir nous barrer le passage. La profondeur du ravin, ses nombreuses sinuosités, le bruit des eaux, tout concourt à impressionner vivement le voyageur dans ce site grandiose et sauvage. Un magnifique pont d’une seule arche, construit par les Romains, traverse le torrent dont la route suit tous les contours. Quelques Dattiers qui croissent sur les bords du torrent annoncent seuls l’approche de la première oasis, dérobée aux regards par les détours du défilé. Encore quelques pas, et le Sahara nous apparaîtra dans son austère majesté. — Il est impossible de dépeindre la magnificence du vaste panorama qui se déroule à nos regards : les cimes majestueuses des innombrables Dattiers de l’oasis se détachent, au soleil couchant, par leur vert foncé, sur la teinte rougeâtre qui semble embraser l’horizon ; les murs de terre qui forment la ceinture de l’oasis, les tours carrées dont elle est flanquée, et les maisons qui composent les villages arabes, forment par leur teinte grisâtre un saisissant contraste. La plaine apparaît dans toute son étendue, et des montagnes au sol rougeâtre semblent dans le lointain se confondre avec le ciel. Tout, jusqu’au costume sévère et primitif des indigènes, concourt à donner à ce tableau un caractère de grandeur et d’étrangeté qu’il nous faut renoncer à décrire.

Liste des plantes observées sur les rochers du défilé d’El-Kantara.

RÉGION SAHARIENNE.