De l’examen de la statistique botanique comparée de la région littorale il résulte qu’elle offre les plus grandes analogies avec le littoral européen, et que nous y retrouvons la confirmation de la loi que nous avons formulée, d’après laquelle les influences selon la longitude sont dominantes sur le littoral algérien. — Il est à peine besoin d’ajouter que les cultures ne doivent pas différer sensiblement de celles des parties analogues du littoral européen.

Région méditerranéenne intérieure[39]. — Le climat plus européen de Constantine se dénote par l’aspect de la végétation et des cultures ; l’Oranger et le Néflier-du-Japon (Eriobotrya Japonica) ne mûrissent plus leurs fruits dans la vallée du Rummel supérieur, et la culture de l’Olivier y réclame des soins spéciaux. Le développement de la végétation est plus tardif que dans la région littorale par suite de la différence d’altitude.

Nous ne donnons pas ici le tableau des espèces caractéristiques de la végétation, car il suffit de consulter nos notes sur les environs de Constantine pour se faire une idée de la nature de la végétation et des ressources agricoles de la région.

Le nombre total des espèces et des principales variétés vues par nous dans la région méditerranéenne intérieure est de 310.

Sous le rapport de leur durée elles peuvent être partagées en deux groupes, le nombre des espèces annuelles ou bisannuelles étant d’environ 173 et celui des espèces vivaces de 137. — Parmi les espèces vivaces, 21 sont ligneuses ou frutescentes ; on ne peut guère compter que 4 arbres croissant spontanément dans cette région, dont l’un des caractères est l’absence de bois ; ces 4 arbres sont les : Pistacia Atlantica, Ceratonia Siliqua, Olea Europæa et Celtis australis. La relation de notre voyage donne des renseignements suffisants sur les arbres introduits dans la région.

Si l’on considère les plantes de la région méditerranéenne intérieure au point de vue de leur classification en familles naturelles, on trouve que le nombre des Dicotylédones est de 252, et celui des Monocotylédones de 58. — Les familles principales, rangées d’après leur importance relative dans la région, donnent le tableau suivant :

Espèces. Espèces.
1Légumineuses4812Convolvulacées6
2Composées4613Géraniacées5
3Graminées3714Euphorbiacées5
4Ombellifères1615Papavéracées4
5Crucifères1516Fumariacées4
6Liliacées1117Cistinées4
7Labiées1018Malvacées4
8Caryophyllées910Valérianées4
9Borraginées820Plantaginées4
10Scrophularinées821Salsolacées4
11Renonculacées722Urticées4

Sur les 310 espèces de la région, 180 n’ont pas été vues par nous dans la région littorale. — Sur les 29 espèces spéciales, 7 n’ont pas été observées dans les autres régions, 2 seulement ont été trouvées dans la région littorale.

Si l’on fait la somme des espèces appartenant aux diverses parties du bassin méditerranéen, on voit que cette somme est de 194 ; si l’on y ajoute les 79 espèces d’Europe, on obtient le total de 273, tandis que les autres éléments de la végétation sont représentés par 37.

L’examen de la statistique botanique comparée de la région méditerranéenne intérieure démontre que cette région est suffisamment distincte de la région littorale, au moins comme région secondaire, et qu’elle offre encore les plus grandes analogies avec la végétation méditerranéenne de l’Europe ; les influences qui se produisent selon la latitude sont déjà révélées par la présence de 5 espèces qui se trouvent à la fois en Espagne et en Orient. — Les cultures sont à peu près les mêmes que celles de la région littorale, mais notablement moins méridionales à cause de l’altitude.