| Espèces. | Espèces. | ||||
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Composées | 87 | 17 | Scrophularinées | 8 |
| 2 | Graminées | 65 | 18 | Orobanchées | 8 |
| 3 | Légumineuses | 58 | 19 | Papavéracées | 7 |
| 4 | Crucifères | 41 | 20 | Euphorbiacées | 7 |
| 5 | Ombellifères | 27 | 21 | Joncées | 7 |
| 6 | Labiées | 26 | 22 | Plantaginées | 6 |
| 7 | Caryophyllées | 19 | 23 | Polygonées | 6 |
| 8 | Borraginées | 17 | 24 | Fumariacées | 5 |
| 9 | Renonculacées | 16 | 25 | Résédacées | 5 |
| 10 | Rubiacées | 13 | 26 | Malvacées | 5 |
| 11 | Salsolacées | 13 | 27 | Valérianées | 5 |
| 12 | Paronychiées | 12 | 28 | Primulacées | 4 |
| 13 | Liliacées | 12 | 29 | Convolvulacées | 4 |
| 14 | Cistinées | 10 | 30 | Plumbaginées | 4 |
| 15 | Cypéracées | 9 | 31 | Conifères | 4 |
| 16 | Géraniacées | 8 |
Sur les 579 espèces de la région, 418 n’ont pas été vues par nous dans la région littorale, 373 n’ont pas été observées dans la région méditerranéenne intérieure. — Sur les 70 espèces spéciales, 12 seulement nous paraissent propres à la région ; 4 lui sont communes avec la région littorale et 18 avec la région méditerranéenne intérieure.
Si l’on fait la somme des espèces appartenant aux diverses parties du bassin méditerranéen, on voit que cette somme est de 320 ; si l’on y ajoute les 158 espèces d’Europe, on obtient le total de 478, tandis que les autres éléments de la végétation sont représentés par 101.
L’examen de la statistique botanique comparée de la région des hauts-plateaux, démontre que cette région est très distincte de la région littorale, tandis que sa végétation participe à la fois aux caractères des régions méditerranéenne intérieure, montagneuse et saharienne. Les flores européenne et méditerranéenne y sont représentées par les quatre cinquièmes des espèces ; les influences qui se produisent selon la latitude sont démontrées par l’accroissement notable du nombre des espèces espagnoles et orientales et par la présence de 18 espèces qui se trouvent à la fois en Espagne et en Orient ; les nombres des espèces vivaces et annuelles sont déjà presque égaux. — Les cultures de l’ensemble de la région des hauts-plateaux, sont presque exclusivement celles de l’Europe tempérée[41] ; toutefois dans le voisinage de la région saharienne elles pourraient être plus méridionales.
RÉGION MONTAGNEUSE.
La région montagneuse[42], ainsi que nous l’avons dit plus haut, est représentée dans ce rapport surtout par les montagnes des environs de Batna, par celles d’une grande partie de la chaîne de l’Aurès, ainsi que par les vallées qui en dépendent. — Ces montagnes présentent des massifs d’une altitude déjà considérable, dont les principaux sont : aux environs de Batna, le Djebel Tougour (2,086 mètres), et dans la chaîne de l’Aurès, le Djebel Mahmel (2,306 mètres), et le Djebel Cheliah (2,312 mètres) ; le sommet de cette dernière montagne, d’après les évaluations les plus probables, est le point le plus élevé de l’Algérie. Les versants dirigés vers le sud sont généralement escarpés, peu boisés ou complétement dépourvus de bois, ceux du nord, à pentes ordinairement moins rapides, sont au contraire pour la plupart couverts de forêts qui, par la beauté des arbres qui les constituent, peuvent être comparés à celles de l’Europe centrale. Le sol des montagnes est généralement sec et ne présente quelque humidité que dans les parties argilo-schisteuses qu’on rencontre surtout à leur base ; dans ces parties plus fraîches, se trouvent souvent réunies un grand nombre des plantes caractéristiques de la région ; la sécheresse générale du sol paraît tenir à la nature même des roches qui sont surtout des calcaires et des grès difficilement désagrégeables. — La neige, qui en hiver couvre la plus grande partie des montagnes, ne persiste pas habituellement, même sur les plus hautes sommités, au delà du mois de mai ; ce n’est que dans de vastes excavations des pentes septentrionales (Djebel Mahmel) où la neige s’accumule qu’elle peut persister. — La partie supérieure des montagnes est dépourvue de sources ou n’en présente habituellement que de trop peu abondantes pour donner naissance à de véritables ruisseaux ; les ravins sont pour la plupart à sec pendant une grande partie de l’année ; les vallées au contraire sont souvent arrosées par des cours d’eau assez considérables pour fertiliser par des dérivations des cultures étendues.
La région montagneuse peut être partagée en trois zones principales :
1o Zone inférieure. Cette zone est caractérisée par l’Olivier (Olea Europæa), le Micocoulier (Celtis australis), et par une végétation et des cultures méditerranéennes ; sa limite d’altitude étant d’environ 1,000 mètres, elle n’est guère représentée dans le pays que nous avons parcouru que par la partie inférieure de la vallée de l’Oued Abdi, car partout ailleurs elle est presque entièrement exclue par l’altitude même des hauts-plateaux.
2o Zone moyenne. Cette zone est caractérisée par les bois de Chênes-verts (Quercus Ilex et var. Ballota) ; l’Olivier n’y existe plus qu’à l’état de buisson. La limite supérieure de la zone est environ à l’altitude de 1,600 mètres.
3o Zone supérieure. — Cette zone est caractérisée surtout par les forêts de Cèdres ; sa partie supérieure souvent déboisée, rappelle les caractères de la végétation alpestre par la présence de plantes vivaces disposées en touffes compactes.