Liste des espèces observées dans la plaine d’Oum-el-Asnam[12].

En suivant la route qui contourne la base des montagnes, on ne tarde pas à arriver au monument grandiose connu sous le nom de Medracen ou tombeau de Syphax. Entre les assises des gradins qui constituent ce tombeau circulaire, dont la hauteur est de 20 mètres et la circonférence de 179, nous trouvons un Ferula, probablement nouveau, dont les fruits ne sont pas encore arrivés à maturité, et les espèces suivantes :

Le coteau sur lequel est construit ce monument ne présente d’autre végétation arborescente que des pieds disséminés des Juniperus Phœnicea et Oxycedrus et du Pistacia Atlantica ; il nous offre plusieurs plantes qui méritent d’être mentionnées, entre autres les :

Avant d’arriver à Oum-el-Asnam, on traverse des pâturages salés arrosés par les eaux d’une source assez abondante, qui, en raison de sa température constante (20 degrés), a reçu le nom de Fontaine-chaude. Le Carduncellus rhaponticoides, déjà observé à Mélila, se retrouve dans ces pâturages. — Une ferme, construite à la même époque que le caravansérail d’Aïn-Yagout, est exploitée par des Arabes qui ont mis en culture des terrains assez étendus. — Au delà d’Oum-el-Asnam la route s’engage dans une vallée resserrée entre des montagnes peu élevées, et dont les pentes rocailleuses, presque dépourvues d’arbres, présentent de nombreuses touffes du Retama sphærocarpa et du Ballota hirsuta, que nous retrouverons jusqu’à la limite de la région des hauts-plateaux ; cette vallée étroite débouche bientôt dans une plaine, où des ruines romaines, par l’étendue qu’elles occupent, annoncent que ce lieu fut jadis un centre assez important de population. L’Artemisia Herba-alba et plusieurs plantes des terrains salés couvrent de larges espaces dans le voisinage des ruines, et ce n’est que dans la partie basse de la plaine que quelques champs sont cultivés par les indigènes. — En continuant à nous diriger vers le sud, nous remontons la vallée de l’Oued Batna, limitée à l’ouest par des montagnes élevées et boisées, et à l’est par des collines pierreuses couvertes de broussailles où domine le Juniperus Phœnicea. A quelques kilomètres de Batna, la base des montagnes et des coteaux commence à se couvrir de véritables bois, dont les essences principales sont le Chêne-vert (Quercus Ilex), les Genévriers (Juniperus Phœnicea et Oxycedrus) et le Pistacia Atlantica. On y rencontre de nombreux buissons de Quercus coccifera, d’Anthyllis erinacea et Numidica, et de Rosmarinus officinalis. Le fond de la vallée présente quelques cultures et des jardins qui entourent des moulins européens construits sur le cours d’eau. Dans les plantations, nous remarquons les Peupliers blanc et d’Italie (Populus alba et pyramidalis), le Fraxinus australis, le Saule-pleureur et le Pêcher, etc. — Les terrains frais aux bords de l’Oued Batna, en partie couverts de touffes de Scirpus Holoschœnus et de Juncus glaucus nous offrent en très grande abondance le Silybum eburneum, que nous avions observé pour la première fois sur les hauts-plateaux de la province d’Oran ; le Potamogeton densus croît dans le lit d’un ruisseau.

ENVIRONS DE BATNA.

Batna, à 1014 mètres d’altitude, à 193 kilomètres de Philippeville et à 110 de Constantine, est située dans une vaste plaine déboisée, entourée des montagnes élevées et boisées de l’Aurès et de la chaîne des Ouled-Sultan. Cette ville, bien que sa fondation soit toute récente, par sa position, sur la route de Constantine à Biskra, qui lui assure le transit du commerce du Sahara avec le Tell, et surtout grâce aux avantages naturels de son heureuse situation, a pris un rapide développement, et son importance commerciale et agricole tend chaque jour à faire de nouveaux progrès. A ces nombreux avantages qui résultent de la fertilité du sol, de l’abondance et de la pureté des eaux, et de la richesse forestière des montagnes voisines, viennent se joindre ceux d’un climat tempéré et d’une grande salubrité. — Une pépinière, créée tout récemment, contribuera à donner une impulsion plus rapide à l’agriculture encore naissante de cette riche contrée. Dans les plantations de cet établissement, nous avons remarqué le Mûrier, la Vigne, le Pêcher, l’Orme, le Frêne, le Negundo, le Vernis-du-Japon, le Cyprès, le Peuplier blanc et le Saule-pleureur, qui nous ont paru s’acclimater parfaitement. Le Peuplier-d’Italie (Populus pyramidalis) pousse avec vigueur pendant plusieurs années ; mais plus tard les individus plantés dans les lieux secs ont souvent leur bois profondément perforé par des larves d’insectes. Le Catalpa, l’Arbre-de-Judée (Cercis Siliquastrum) et le Kœlreuteria paniculata, indiquent par leur présence que de nombreux arbres d’ornement pourraient y être introduits avec succès. — Dans les terrains en friche et dans les carrés de la pépinière, nous trouvons un grand nombre des plantes propres à la région des hauts-plateaux, entre autres les Hohenackeria bupleurifolia et polyodon qui y sont réunis ; le Delphinium Orientale y présente les mêmes variations de couleur que dans nos jardins d’Europe, et il y croît spontanément comme dans les terrains remués du reste de la région. Nous y avons également vu le Silybum eburneum et le Valerianella stephanodon, qui s’y rencontrent en très grande abondance avec d’autres espèces que nous retrouverons dans les autres parties de la plaine. — Dans les prairies qui avoisinent la pépinière dominent les espèces suivantes :