La Luzerne (Medicago sativa), qui croît abondamment dans ces prairies, ainsi que dans tous les environs de Batna et dans les pâturages du reste de la région, est un indice certain du succès réservé à l’établissement des prairies artificielles. La spontanéité du Medicago sativa dans le pays est démontrée non-seulement par sa présence dans des lieux qui n’ont jamais été cultivés, mais encore par la forme particulière qu’affecte la plante, dont les fruits sont constamment pubescents. — Les prairies rapprochées de la pépinière, et dont le pacage a été interdit par l’administration, qui se réserve la récolte des foins, sont, par l’abondance et la qualité de leurs produits, un exemple frappant des progrès que peut faire dans cette contrée l’aménagement des prairies naturelles, ressource si précieuse pour l’agriculture. — Dans les parties fraîches et herbeuses, M. Balansa a découvert une nouvelle espèce du genre Festuca des mieux caractérisées, le F. Lolium.
La route qui conduit de Batna à Lambèse traverse les pâturages de la plaine, où sont établis de nombreux douairs avec leurs troupeaux ; bientôt elle se rapproche des montagnes boisées assez élevées (Djebel Itche-Ali) qui limitent au sud-ouest la vallée de Lambèse. L’extrême vulgarité de l’Artemisia Herba-alba, de l’Euphorbia luteola, et du Santolina squarrosa, semblent indiquer une moins grande fertilité du sol dans cette partie de la vallée. — Lambèse, à 10 kilomètres au sud-est de Batna, et à peu près à la même altitude, n’occupe qu’une très faible partie de l’immense enceinte de l’antique Lambæsis. Les ruines imposantes des murs, des arcs de triomphe, des temples, du théâtre, de l’amphithéâtre, etc., montrent quelle était l’importance de la cité romaine, dont des évaluations, qui ne paraissent pas trop s’éloigner de la vérité, ont porté la population jusqu’à 50,000 âmes. — Les eaux abondantes et pures de l’un des ruisseaux qui prennent leur source dans les montagnes voisines, n’arrosent maintenant que quelques rares champs de céréales et quelques jardins, et n’alimentent qu’un misérable moulin arabe ; mais elles étaient, du temps de l’occupation romaine, recueillies dans un aqueduc, dont quelques arcades sont encore presque intactes ; d’épais dépôts calcaires, et qui forment de véritables rochers appliqués sur les parois de cet aqueduc, indiquent qu’il a été pendant longtemps traversé par les eaux, même après l’abandon de la cité. Les endroits frais et arrosés dans le voisinage de ce ruisseau nous offrent quelques espèces européennes : Ranunculus sceleratus, Potentilla reptans, Veronica Anagallis, Scrophularia auriculata, Carex hirta, etc. Nous y observons également le Juncus valvatus var. caricinus et l’Alopecurus pratensis var. ventricosus.
La colonisation trouvera de précieuses données dans l’étude sérieuse dont les ruines romaines qui couvrent la province de Constantine sont l’objet depuis quelques années. Non-seulement l’archéologie viendra nous apprendre quels étaient les lieux choisis par les Romains pour leurs cités les plus importantes, et nous guider ainsi pour l’établissement de nouveaux centres de population ; mais elle nous fera encore mieux connaître les moyens si perfectionnés d’irrigation qu’ils mettaient en pratique ; et il serait souvent facile, comme à Lambèse, de rétablir les aqueducs romains avec une dépense bien faible, si l’on tient compte de la grandeur des résultats. L’administration, du reste, a déjà si bien compris l’importance de ces faits, que partout les points occupés par les Romains ont été choisis de préférence pour la fondation de nos établissements.
Nous n’avons pu explorer qu’une bien faible partie des terrains incultes occupés par les ruines ; ils présentent la plupart des plantes caractéristiques de la région des hauts-plateaux. — Aux environs de l’amphithéâtre, nous retrouvons le Clypeola cyclodontea, déjà observé par nous dans un précédent voyage, sur les plateaux de la province d’Oran. — Les montagnes qui, au sud, avoisinent Lambèse sont couvertes de bois composés presque exclusivement de Chênes-verts (Quercus Ilex et var. Ballota), de Juniperus Phœnicea et Oxycedrus, et de Pistacia Atlantica ; l’Orme se rencontre également dans ces bois, mais il nous y a paru plus rare que les autres essences que nous venons de mentionner. Sur la pente argileuse du ravin creusé par le principal ruisseau qui arrose Lambèse, on trouve l’Amandier, dont nous avons déjà signalé l’existence à l’état spontané sur les montagnes basses qui limitent la région des hauts-plateaux de la province d’Oran. Les environs de ce ravin nous offrent le Geranium tuberosum, le Sisymbrium crassifolium et les Alyssum Atlanticum et serpyllifolium, qui y croissent en très grande abondance et de nombreuses touffes d’Ononis fruticosa.
Liste des plantes observées dans les bois des environs de Lambèse[13].
- Berberis vulgaris L. var. australis Boiss. (B. Ætnensis Presl.).
- Alyssum serpyllifolium Desf.
- — Atlanticum Desf.
- Iberis Pruitii Tin.
- Sisymbrium crassifolium Cav.
- Cistus villosus L.
- Helianthemum glaucum Pers. var. croceum.
- — rubellum Presl.
- Dianthus serrulatus Desf. — Itch.
- Saponaria glutinosa M. Bieb. — L. Itch.
- Silene Italica DC.
- Acer Monspessulanum L.
- Geranium tuberosum L.
- Ruta angustifolia Pers. — Itch.
- Pistacia Atlantica Desf.
- — Terebinthus L. — Itch.
- Calycotome spinosa Link.
- Ononis fruticosa L.
- Coronilla minima L.
- Hedysarum Perraudieranum Coss. et DR.
- Amygdalus communis L.
- Prunus insititia L.
- *Pyrus longipes Coss. et DR. — L. Itch.
- Cotoneaster Fontanesii Spach. — Itch.
- Poterium ancistroides Desf.
- Paronychia Aurasiaca Webb.
- Umbilicus horizontalis DC.
- Cachrys pungens Jan. — Itch.
- Smyrnium rotundifolium Mill. — Itch.
- Hedera Helix L.
- Lonicera Etrusca Santi.
- Putoria Calabrica Pers.
- Asperula hirsuta Desf.
- Nardosmia fragrans Rchb.
- Bellis sylvestris Cyrill.
- Anthemis tuberculata Boiss.
- *Helichrysum lacteum Coss. et DR. — Itch.
- — Fontanesii Cambess.
- Stæhelina dubia L. — Itch.
- Leuzea conifera L. — Itch.
- Jurinæa humilis DC. var. Bocconi.
- Phœnixopus vimineus Rchb.
- Chlora grandiflora Viv.
- Veronica rosea Desf.
- — præcox L.
- — hederæfolia L.
- Clinopodium vulgare L.
- Calamintha alpina Lmk.
- — graveolens Benth.
- Salvia Aucheri Benth.
- Lamium longiflorum Ten.
- Teucrium Chamædrys L.
- — compactum Boiss. — Itch. (du Colombier).
- Ajuga Chamæpitys Schreb.
- Armeria allioides Boiss. — Itch.
- Passerina virescens Coss. et DR.
- Euphorbia verrucosa L. var. leiocarpa.
- — luteola Coss. et DR.
- Ulmus campestris L.
- Salix pedicellata Desf.
- Quercus Ilex L.
- Juniperus Oxycedrus L.
- — Phœnicea L.
- — thurifera L. — L. Itch.
- Pinus Halepensis Mill.
- Epipactis latifolia DC.
- Ruscus aculeatus L.
- Tulipa Celsiana L.
- Asphodeline lutea Rchb.
- Carex hordeistichos Vill. — Lieux humides.
- Piptatherum paradoxum P. B.
- *Cynosurus Balansæ Coss. et DR. — (Balansa).
Liste des plantes observées dans les plaines de Batna et de Lambèse[14].
- Renonculacées.
- Clematis Flammula L. (Med. Or.).
- Adonis microcarpa DC. (Med. Can.).
- æstivalis L. (Eur.).
- Ceratocephalus falcatus Pers. (Eur.).
- *Ranunculus spicatus Desf.
- sceleratus L. (Eur. Sib. Am.).
- repens L. (Eur. Am. bor.).
- arvensis L. (Eur. Or.).
- *macrophyllus Desf.
- Nigella Hispanica L. *var. intermedia.
- Delphinium Orientale J. Gay (Or. Cauc.).
- cardiopetalum DC. (Eur. austr.).
- junceum DC. (Med.).
- Papavéracées.
- Papaver hybridum L. (Eur. Or.).
- dubium L. (Eur.).
- Rhœas L. (Eur. As. Can.).
- Rœmeria hybrida DC. (Med. Tauri. Æg, Arab.).
- Glaucium corniculatum Curt. (Eur. austr. Or. Can.).
- Hypecoum procumbens L. (Med.).
- pendulum L. (Eur. austr. occ. Arab.).
- Fumariacées.
- Fumaria officinalis L. (Eur. As.).
- parviflora Lmk. (Eur. Or. Can.).
- Crucifères.
- Matthiola lunata DC. (Hisp.).
- Alyssum Atlanticum Desf. (Hisp. Cret.).
- serpyllifolium Desf. (Hisp. Or.).
- campestre L. (Eur. austr.).
- calycinum L. (Eur.).
- Granatense Boiss. et Reut. (Hisp.).
- *Clypeola cyclodontea Delil. — Lambèse.
- Thlaspi perfoliatum L. (Eur. Or.).
- Capsella Bursa-pastoris DC. (Eur. As.).
- Iberis pectinata Boiss. (Hisp.).
- Biscutella auriculata L. (Med. occ.).
- Sisymbrium Alliaria Scop. (Eur. Or.).
- Irio L. (Eur. Or. Can.).
- runcinatum Lagasc. (Hisp.).
- Erysimum strictum Fl. Wett. var. micranthum J. Gay (Hisp.).
- Orientale R. Br. (Eur. As.).
- Neslia paniculata Desv. (Eur.).
- Lepidium sativum L. — Subsp.
- Brassica Gravinæ Ten. — Lambèse. (It. Sic.).
- *dimorpha Coss. et DR. — Env. de Batna (du Colombier).
- Sinapis geniculata Desf. (Tun. Syr.).
- pubescens L. — Lambèse. (Hisp. Sic.).
- Moricandia arvensis DC. (Med.).
- Diplotaxis erucoides DC. (Med.).
- virgata DC. (Hisp.).
- muralis DC. — Lambèse. (Eur. austr.).
- Erucastrum obtusangulum Rchb. *var. exauriculatum Coss. et DR.
- Eruca sativa L. (Eur. Or.).
- Rapistrum Linnæanum Boiss. et Reut. (Med. occ.).
- Cistinées.
- Cistus Clusii Dunal. (Hisp. Lus. Sic.).
- Helianthemum Niloticum Pers. (Med. Cauc. Can.).
- Fumana Mill. var. viscosum (Eur.).
- rubellum Presl. (Hisp. Sic.).
- lavandulæfolium Pers. (Med. Or.).
- *Fontanesii Boiss. et Reut.
- pilosum Pers. (Med.).
- Résédacées.
- Reseda alba L. (Med.)
- Phyteuma L. (Eur. med. austr. Azor.).
- *Duriæana J. Gay (Tun.).
- Luteola L. var. crispata. (Lus. Sic. Æg.).
- Caryophyllées.
- *Gypsophila compressa Desf. (Tun.).
- Dianthus serrulatus Desf. (Hisp. Lus.).
- Saponaria Vaccaria L. (Eur. Or.).
- Silene inflata Sm. (Eur.).
- bipartita Desf. (Med. occ.).
- muscipula L. (Med.).
- Buffonia tenuifolia L. (Eur. austr.).
- — perennis Pourr. (Gall. austr. Hisp.).
- Stellaria media Sm. (Eur. As. Can.).
- *Cerastium Atlanticum DR.
- arvense L. (Eur.).
- Linées.
- *Linum asperifolium Boiss. et Reut.
- Malvacées.
- Malope stipulacea Cav. (Eur. austr.).
- Malva Ægyptiaca L. (Hisp. Æg. Cauc.).
- sylvestris L. (Eur. As.).
- Nicæensis All. (Med.).
- parviflora L. (Med.).
- Hypéricinées.
- Hypericum tomentosum L. (Med. Or.).
- Géraniacées.
- Geranium molle L. (Eur.).
- dissectum L. (Eur. Or. Can.).
- Erodium laciniatum Cav. (Med. Can. Æg.).
- Ciconium Willd. (Eur. austr.).
- cicutarium L’Hérit. (Eur. Or.).
- malachoides Willd. (Med. Can.).
- Rutacées.
- Haplophyllum linifolium Adr. Juss. (Hisp.).
- Peganum Harmala L. (Med. Or.).
- Rhamnées.
- Zizyphus Lotus L. (Hisp. Sic.).
- Térébinthacées.
- Pistacia Atlantica Desf. (Or. Can.).
- Légumineuses.
- Retama sphærocarpa Boiss. (Lus. Hisp.).
- Calycotome spinosa Link. (Med. occ.).
- Ononis brachycarpa DC. (Gall. austr. Hisp.).
- Anthyllis erinacea L. (Hisp.).
- *Numidica Coss. et DR.
- *Medicago secundiflora DR.
- sativa L. (Hisp. Or.).
- orbicularis Willd. (Med. Eur. occ.).
- apiculata Willd. (Eur. centr. austr.).
- minima Lmk. (Eur. centr. austr.).
- maculata Willd. (Eur. centr. austr.).
- Gerardi W. et K. (Eur. centr. austr.).
- Trigonella prostrata DC. (Eur. austr.).
- Monspeliaca L. (Eur. austr. Or.).
- polycerata L. (Hisp. Gall. austr. Tauri.). var. laciniata (Hisp.).
- Melilotus parviflora Desf. (Eur. austr. Æg. Ind. Can.).
- sulcata Desf. (Med. Æg.).
- Trifolium pratense L. (Eur. Sib.).
- Lotus corniculatus L. (Eur. Or.).
- Tetragonolobus siliquosus Roth. — Lieux frais.(Eur.).
- Astragalus sesameus L. (Med. Or.).
- hamosus L. (Med. Or.).
- nummularioides DC. (Tun. Hisp.).
- Hippocrepis scabra DC. (Hisp.).
- Rosacées.
- Potentilla reptans L. (Eur. As.).
- Sanguisorbées
- *Poterium Duriæi Spach. — Lambèse.
- Magnolii Spach. (Med. occ.).
- Lythrariées
- Lythrum flexuosum Lagasc. (Med.).
- Paronychiées.
- Telephium Imperati L. (Eur. austr. Or.).
- Herniaria annua Lagasc. (Med. occ.).
- Paronychia argentea Lmk. (Med.).
- Polycarpon Bivonæ J. Gay (Sic.).
- Crassulacées.
- Umbilicus horizontalis DC. (Sic. Or.).
- Ombellifères.
- Eryngium campestre L. (Eur. centr. austr.).
- triquetrum Vahl. (Tun. Sic.).
- dichotomum Desf. (Tun. Sic. Or.).
- Hohenackeria bupleurifolia Fisch. et Mey. (Hisp. Cauc.).
- *polyodon Coss. et DR.
- *Selinopsis fœtida Coss. et DR.
- Ammi majus L. (Eur. centr. austr. Or.).
- Carum incrassatum Boiss. (Hisp. Cret. Cypr.).
- *Mauritanicum Boiss. et Reut.
- Thapsia villosa L. (Med. occ.).
- Daucus maximus Desf. (Med. occ.).
- aureus Desf. (Med. occ. Can.).
- *Elæoselinum Fontanesii Boiss.
- Caucalis leptophylla L. (Eur. austr. Or.).
- Turgenia latifolia Hoffm. (Eur. centr. austr. Or.).
- Scandix Pecten-Veneris L. (Eur. Or. Can.).
- australis L. (Med. Or.).
- Bifora testiculata L. (Eur. austr.).
- Rubiacées.
- Asperula hirsuta Desf. (Hisp. Lus.).
- Galium verum L. (Eur.).
- tricorne With. (Eur. centr. austr.).
- Aparine L. (Eur. Or.).
- Valérianées.
- Valerianella discoidea Lois. (Eur. austr.).
- *chlorodonta Coss. et DR.
- *stephanodon Coss. et DR.
- Centranthus Calcitrapa Desf. (Med.).
- Dipsacées.
- Scabiosa Monspeliensis Jacq. (Med. occ.).
- Composées (Cynarocéphales).
- *Othonna cheirifolia L. (Tun.).
- Calendula arvensis L. (Eur. As. Æg.).
- *Echinops spinosus L.
- Xeranthemum inapertum Willd. (Eur. centr. austr. Or.).
- *Carlina involucrata Desf.
- gummifera Less. (Med.).
- Atractylis cancellata L. (Med.).
- *cæspitosa Desf.
- *Microlonchus Duriæi Spach.
- Clusii Spach. (Med. occ.).
- Crupina vulgaris Pers. (Eur. austr. Or.).
- Crupinastrum Vis. (Med. occ.).
- Centaurea pullata L. (Med. Or.).
- Parlatoris Heldr. (Sic. Græc.).
- *acaulis L.
- Nicæensis All. (Hisp. Sic.).
- Calcitrapa L. (Eur. Or.).
- *pubescens Willd.
- Kentrophyllum lanatum DC. (Eur.).
- Carduncellus calvus Boiss. et Reut.
- *Atlanticus Coss. et DR.
- *pectinatus DC.
- pinnatus DC. (Sic.).
- Silybum Marianum Gærtn. (Eur. centr. austr. Med. Or.).
- *eburneum Coss. et DR.
- Onopordon macracanthum Schousb. (Mar. Hisp.).
- Cynara Cardunculus L. (Med.).
- Pycnomon Acarna Cass. (Eur. austr. Or.).
- Rhaponticum acaule DC. (Cypr.).
- Leuzea conifera L. (Eur. austr.).
- Serratula pinnatifida Poir. (Hisp.).
- Composées (Corymbifères).
- Micropus bombycinus Lagasc. (Med. Or.).
- supinus L. (Med. Or.).
- Inula viscosa All. — Lieux humides. (Med. Or. Can.).
- Pulicaria Arabica Cass. — Id. (Hisp. Græc. Or.).
- Pallenis spinosa Cass. (Eur. austr. Or. Can.).
- Anacyclus Pyrethrum Cass. (Tun. Syr. Arab.).
- tomentosus DC. (Med.).
- Valentinus Vill. (Med.).
- Santolina squarrosa Willd. (Hisp. Gall. austr.).
- Artemisia campestris L. (Eur. Or.).
- Herba-alba Asso. (Tun. Hisp. Æg.).
- Filago Jussiæi Coss. et Germ. (Eur. centr. austr.).
- *Senecio giganteus Desf. — Lieux humides.
- Nebrodensis L. (It. Sic.).
- Composées (Chicoracées).
- Hedypnois rhagadioloides L. (Med.).
- Hypochæris Neapolitana Ten. (Eur. austr.).
- *Kalbfussia Salzmanni Schultz Bip. (Tun.).
- *Leontodon helminthioides Coss. et DR.
- Asterothrix Hispanica DC. (Hisp.).
- Podospermum laciniatum DC. var. intermedium (Med.).
- *Scorzonera coronopifolia Desf.
- Lactuca Saligna L. (Eur. centr. austr. Or.).
- Sonchus tenerrimus L. (Med.).
- maritimus L. — Lieux humides. (Eur. occ. austr.).
- oleraceus L. (Eur. As. Am. Afr.).
- Primulacées.
- Anagallis linifolia L. (Med. occ.).
- Oléacées.
- Olea Europæa L. (Or. ?).
- Phillyrea media L. (Eur. austr.).
- angustifolia L. (Med.).
- Gentianées.
- Erythræa pulchella Fries (Eur. centr. austr. Or. Can.).
- Convolvulacées.
- Convolvulus lineatus L. (Eur. austr. Or.).
- arvensis L. (Eur. As. Am.).
- Cuscutacées.
- Cuscuta Epithymum L. var. ?
- Borraginées.
- Heliotropium Europæum L. (Eur. Or.).
- Echium Italicum L. (Med.).
- Borrago officinalis L. (Eur. centr. austr.).
- Nonnea micrantha Boiss. et Reut. (Hisp.).
- nigricans DC. (Hisp. Lus. Sic.).
- Lithospermum Apulum L. (Eur. austr. Or.).
- Alkanna tinctoria Tausch. (Eur. austr. Or.).
- Asperugo procumbens L. (Eur. Sib. Or.).
- Cynoglossum cheirifolium L. (Med.).
- *Solenanthus lanatus DC.
- Rochelia stellulata Rchb. (Hisp. Hung. Græc. Tauri. Cauc. Pers.).
- Solanées
- Solanum villosum Lmk. (Med.).
- Hyoscyamus niger L. — R. (général Desvaux). (Eur. Cauc. Sib. Ind.).
- albus L. (Med. Or.).
- Scrophularinées
- Verbascum sinuatum L. (Med. Or.).
- Linaria simplex DC. (Eur. austr. Or.).
- reflexa Desf. (Med. occ.).
- Scrophularia auriculata L. — Lieux humides. (Med. occ.).
- canina L. (Eur. centr. austr.).
- Veronica Anagallis L. — Lieux humides. (Eur. Sib. Or.).
- Beccabunga L. — Id. (Eur. centr. austr. Or.).
- Orobanchées.
- Phelipæa arenaria Walp. (Eur. centr. austr. Tauri.).
- Orobanche Rapum Thuill. (Eur. occ.).
- condensata Moris. (Med. occ.).
- Labiées.
- Mentha sylvestris L. — Lieux humides. (Eur. Or. B. sp.).
- *Thymus ciliatus Benth. *var. Algeriensis (T. Algeriensis Boiss. et Reut.).
- Calamintha graveolens Benth. (Hisp. It. Or.).
- Rosmarinus officinalis L. var. Tournefortii de Noé. — Coteaux (Med.).
- Salvia Verbenaca L. (Eur. centr. austr. Or.).
- Zizyphora Hispanica L. (Hisp.).
- Sideritis montana L. (Med. Or.).
- incana L. (Hisp.).
- Marrubium vulgare L. (Eur. Or.).
- Alyssum L. (Med. austr.).
- Lamium amplexicaule L. (Eur. As.).
- Phlomis Herba-venti L. (Eur. austr. Or.).
- Teucrium campanulatum L. (Hisp. Sic. It.).
- Pseudochamæpitys L. (Med. occ.).
- Polium L. (Med. Or.).
- Globulariées.
- Globularia Alypum L. (Eur. austr. Or.).
- Plumbaginées.
- Goniolimon Tataricum Boiss. — Terrains salés (Balansa). (Dalm. Ross. austr. Sib.).
- Plantaginées.
- Plantago major L. (Eur. As.).
- albicans L. (Med.).
- Lagopus L. (Med. Or.).
- Coronopus L. (Eur. Can.).
- Salsolacées.
- Beta vulgaris L. (Eur. occ. austr. Or.).
- Chenopodium Vulvaria L. (Eur.).
- opulifolium Schrad. (Eur. centr. austr. Sib.).
- Amarantacées.
- Amarantus sylvestris Desf. (Eur. centr. austr.).
- Polygonées.
- Polygonum aviculare L. (Eur. Or.).
- Rumex conglomeratus Murr. — Lieux frais. (Eur.).
- thyrsoides Desf. (Hisp. Cors. Sard. Sic.).
- crispus L. — Lieux frais. (Eur. Am. bor.).
- Bucephalophorus L. (Med. Can.).
- Daphnoïdées.
- Daphne Gnidium L. (Med. Can.).
- Passerina hirsuta L. (Med. Or.).
- Euphorbiacées.
- Euphorbia helioscopia L. (Eur.).
- Nicæensis All. (Med. Tauri.).
- *luteola Coss. et DR.
- sulcata De Lens (Gall.).
- falcata L. (Eur. centr. austr.).
- Urticées.
- Urtica pilulifera L. — Voisinage des habitations. (Eur. occ. austr.).
- Thelygonum Cynocrambe L. (Med.).
- Cupulifères.
- Quercus coccifera L. (Med.).
- Ilex L. — Coteaux. (Gall. occ. Med.).
- Conifères.
- Juniperus Oxycedrus L. — Coteaux. (Med. Or.).
- Phœnicea L. — Coteaux. (Med. Or.).
- Pinus Halepensis Mill. — Coteaux. (Med. Or.).
- Aroïdées.
- Biarum Bovei Blume (Hisp. Or.).
- Potamées.
- Potamogeton densus L. — Ruisseaux. (Eur. Sib. Am. bor.).
- Zannichellia macrostemon J. Gay (Eur.).
- Orchidées.
- Orchis latifolia L. — Pâturages humides. (Eur. centr. austr.).
- Limodorum abortivum L. — Coteaux boisés. (Eur. Tauri.).
- Iridées.
- Gladiolus Ludoviciæ Jan (Med. Or.).
- Smilacinées.
- Smilax Mauritanica Poir. (Med.).
- Liliacées.
- Ornithogalum umbellatum L. (Eur.).
- Allium Ampeloprasum L. (Eur.).
- Cupani Rafin. (It. Sic.).
- roseum L. (Eur. austr. Or.).
- Muscari comosum Mill. (Eur. centr. austr. Or.).
- Asphodelus ramosus L. (Med.).
- Mélanthacées.
- Colchicum bulbocodioides M. Bieb. (C. hololophum Coss. et DR. olim) (Hisp. Tauri. Æg.).
- Bertolonii Kunth. — Batna (du Colombier). (Cors. Sard. Sic. Græc.).
- Joncées.
- Juncus glaucus Ehrh. — Lieux humides. (Eur. Med. Am. bor.).
- obtusiflorus Ehrh. — Id. (Eur. Sib.).
- striatus Schousb. — Id. (Med. austr. Syr.).
- valvatus Link *var. caricinus. — Id. Lambèse.
- Cypéracées.
- Cyperus badius Desf. — Lieux humides. (Eur. austr. Am.).
- Heleocharis palustris R. Br. — Id. (Eur. Or. Am.).
- Scirpus Holoschœnus L. — Id. (Eur. occ. austr. Sib.).
- Carex divisa Huds. — Id. (Eur. Cauc.).
- Halleriana Asso (C. gynobasis Vill.) (Eur. centr. austr.).
- glauca L. var. serrulata. — Lieux humides. (Eur. austr.).
- echinata Desf. — Id. (Med.).
- distans L. — Id. (Eur. Am. bor.).
- hirta L. — Id. Lambèse (Eur. Cauc.).
- Graminées
- Alopecurus pratensis L. var. ventricosus. — Lieux humides. (Hisp. Cauc. Ross. austr. Sib. Pers. Eur. bor.).
- Phalaris truncata Guss. — Id. (It. Sic.).
- minor Retz. (Eur. occ. austr. Or. B. sp.).
- Stipa barbata Desf. (Hisp. Cauc. Arab.).
- gigantea Lagasc. (Med. occ.).
- tortilis Desf. (Med. Or. Can. B. sp.).
- Agrostis alba L. var. coarctata. (Eur. centr. Med.).
- verticillata Vill. — Lieux humides. (Med. Or. Can.).
- Polypogon Monspeliensis Desf. — Id. (Eur. occ. austr. Can. Am. austr.).
- Phragmites communis Trin. var. Isiacus. — Ruisseaux. (Eur. austr. Or.).
- Echinaria capitata Desf. (Eur. austr. Or.).
- Cynodon Dactylon L. (orbe fere toto).
- Trisetum flavescens P. B. (Eur. centr. austr.).
- Avena sterilis L (Med.).
- barbata Brot. (Eur. austr. Cauc.).
- pratensis L. (Eur. Sib.).
- Poa bulbosa L. (Eur. centr. austr. Or.).
- trivialis L. (Eur. centr. austr. Sib. Am. bor.).
- Atropis distans Griseb. var. festucæformis (Eur.).
- — var. vulgaris subvar. permixta (Eur. austr.).
- Melica ciliata L. (Eur. Cauc. Or.).
- Kœleria Valesiaca Gaud. (Hisp. Gall. Helv.).
- phleoides Pers. (Med.).
- Wangenheimia Lima Trin. (Hisp.).
- Dactylis glomerata L. (Eur. As. Am. bor.).
- Cynosurus elegans Desf. (Eur. austr. Can.).
- *Festuca Lolium Balansa. — Prairies à Batna.
- arundinacea Schreb. (Eur. Sib.).
- Bromus Madritensis L. (Eur. occ. austr.).
- mollis L. (Eur.).
- macrostachyus Desf. (Med.).
- rubens L. (Med.).
- Brachypodium distachyum Rœm. et Schultz (Med.).
- Elymus crinitus Schreb. (Med.).
- Hordeum murinum L. (Eur. As. Am. B. sp.).
- secalinum Schreb. (Eur. As. Am.).
- Lolium perenne L. (Eur. Am. bor.).
- Triticum repens L. (Eur. As. Am. bor. Can.).
- Ægilops ovata L. var. triaristata (Med.).
- ventricosa Tausch (Hisp.).
Nous ne pouvions quitter Batna sans consacrer quelques jours à l’exploration du Djebel Tougour, l’une des montagnes les plus élevées de l’Algérie, et qui nous promettait la constatation de faits du plus haut intérêt, car la végétation de la région montagneuse supérieure n’était encore connue que par quelques herborisations faites par divers botanistes sur les points du petit Atlas les plus rapprochés d’Alger. — Le Djebel Tougour fait partie de la chaîne de montagnes des Ouled-Sultan qui s’élève à l’ouest de la vallée de Batna, et il en forme le point culminant. Cette montagne se détache du reste du massif comme une énorme pyramide, dont les versants les plus étendus sont ceux du nord et du sud. La pente méridionale vient mourir dans la large vallée de Batna, qui la sépare des derniers contre-forts de l’Aurès (Djebel Itche-Ali) limitant la vallée du côté opposé ; cette pente, en raison de son étendue, eût été très importante à explorer au point de vue de la distribution des espèces ; mais l’ascension de la montagne par ce côté présentait de trop grandes difficultés pour qu’il nous fût possible de la tenter, et d’en espérer des résultats satisfaisants dans le peu de temps que nous aurions pu y consacrer. Le versant nord, moins accidenté, est limité par la vallée étroite et profonde qui le sépare du Djebel Bordjem. A l’est la montagne présente une pente étroite moins inclinée et divisée en plusieurs mamelons, et est séparée du Djebel Bou-Merzoug par la vallée désignée par les gardes forestiers sous le nom de Ravin-du-colonel ; ce ravin, dans sa partie supérieure contournant la base de la montagne, se continue avec l’autre vallée que nous avons déjà indiquée comme limitant la montagne au nord ; le point culminant entre ces deux vallées établit le partage des eaux du Tell et du Sahara : les eaux du Ravin-du-colonel viennent se perdre dans la plaine de Batna, tandis que celles de la vallée opposée, limite occidentale du Djebel Tougour, vont se jeter dans l’Oued Ksour, affluent principal de l’Oued El-Kantara.
La portion de la plaine de Batna, que nous traversons pour gagner les premières collines qui constituent la base du Djebel Tougour à l’est, nous présente les caractères généraux des autres parties de la région des hauts-plateaux ; mais l’influence de l’altitude sur la végétation s’y révèle déjà par un retard notable dans le développement des céréales, et par la présence de plusieurs espèces que nous n’avions pas encore rencontrées, entre autres le Serratula pinnatifida, et une nouvelle espèce du genre Leontodon (L. helminthioides). Nous ne tardons pas à arriver à un étroit sentier côtoyant le ravin profond qui, en hiver, déverse les eaux du Djebel Tougour dans la vallée de Batna. Les pentes argileuses du ravin sont couvertes d’épaisses broussailles, et les collines qui l’encaissent présentent des bois où dominent les Genévriers (Juniperus Phœnicea et Oxycedrus) et le Chêne-vert (Quercus Ilex) mêlé au Pinus Halepensis ; là se rencontrent également le Colutea arborescens, et les Anthyllis erinacea et Numidica, le Rosmarinus officinalis var. Tournefortii, qui forment des buissons bas ; on y voit quelques touffes de l’Ephedra Græca, espèce des montagnes de Sicile et de Grèce. Entre les buissons formés par ces plantes ligneuses, se trouvent les Linum suffruticosum, Buplevrum paniculatum, Jurinæa humilis var. Bocconi, et le Serratula pinnatifida. Là s’offre également à nous, pour la première fois, un magnifique Hedysarum (H. Perraudieranum), que nous dédions à M. H. de la Perraudière, auteur de sa découverte. Le ravin nous conduit bientôt aux maisons des gardes préposés à la conservation des forêts. Ces maisons (environ à 1200 mètres d’altitude), qui doivent être le point de départ de notre course dans la montagne, sont entourées de jardins qui ne présentent encore que des cultures potagères et des plantations toutes récentes d’arbres fruitiers. Des pâturages assez riches occupent le fond de la vallée, et des Arabes y font paître leurs troupeaux. — Presque immédiatement au-dessus de la prairie, la partie inférieure de la montagne nous offre un terrain argileux parsemé de broussailles espacées composées de Genévriers (Juniperus Phœnicea et Oxycedrus), de Calycotome spinosa, de Chênes-verts et de quelques rares Oliviers rabougris. En continuant l’ascension de la montagne par la pente orientale, dans un ravin au-dessous du premier mamelon, nous retrouvons en abondance l’Amandier, dont la spontanéité, dans ce site sauvage, ne saurait être mise en doute. — A quelques centaines de mètres au-dessus de la maison des gardes, nous rencontrons plusieurs buissons d’une espèce arborescente nouvelle pour la science (Fraxinus dimorpha). Plus haut, un autre mamelon est couvert de touffes d’Asphodeline lutea. Un plateau incliné s’étend de ce dernier mamelon jusqu’à la base du pic ; à la partie inférieure de ce plateau se trouvent déjà quelques espèces de la région montagneuse supérieure, entre autres le Seseli varium et l’Iberis Pruitii ; le Calycotome spinosa, que nous avons vu former le fond de la broussaille à la base de la montagne, a complétement disparu ; mais négligeons un moment les plantes qui sont à nos pieds pour élever nos regards vers le roi de la forêt, le Cèdre, qui vient remplacer tous les autres arbres, et qui forme jusque vers le sommet du pic un magnifique massif. La plupart de ces Cèdres séculaires ont une circonférence de plus de 3 mètres, et le tronc de quelques-uns d’entre eux mesure jusqu’à 4 ou 5 mètres. Ce n’est pas sans plaisir et sans surprise que, dans cette majestueuse forêt qui rappelle si peu nos bois de l’Europe centrale, nous trouvons mêlées aux plantes de la région montagneuse plusieurs espèces de la flore des environs de Paris, les : Cerastium brachypetalum, Geranium lucidum, Sedum acre, Veronica arvensis, Valerianella olitoria, etc. Vers l’extrémité de ce plateau s’étend de l’est à l’ouest une bande de rochers presque à pic (environ 1800 mètres d’altitude) qui nous offre le Linaria reflexa var. lanigera, et plusieurs espèces caractéristiques de cette nouvelle zone de végétation, entre autres les Cotoneaster Fontanesii et Nummularia qui forment quelques buissons espacés, et le Draba Hispanica qui tapisse de ses larges touffes les anfractuosités des rochers ; près de là se rencontrent quelques pieds du Cratægus monogyna var. hirsuta. Après avoir contourné l’extrémité de ces rochers, et franchi le dernier ravin qui nous sépare de la base du pic, nous arrivons à la limite de la forêt de Cèdres, à environ 2030 mètres d’altitude, et environ à 50 mètres encore au-dessous du sommet du pic. Sur les pentes des crêtes qui séparent les principaux versants, les Cèdres, mieux abrités contre la violence des vents, peuvent parvenir à une altitude encore plus rapprochée du sommet du pic ; il est probable que le sommet et les arêtes abruptes ne sont déboisés qu’en raison de la nature rocheuse du sol, de l’absence de terre végétale et de la violence des vents. Sur le Djebel Tougour, comme sur les autres montagnes couvertes de forêts de Cèdres, l’arbre, même vers le sommet de la montagne, garde presque les mêmes proportions qu’à sa limite inférieure d’altitude ; il n’en est pas ainsi dans les Alpes, où les espèces arborescentes diminuent successivement de grandeur, et ne sont plus à leur extrême limite représentées que par des buissons rabougris. — Un pâturage ras et peu étendu à la base du pic nous offre des touffes compactes et argentées du Catananche cæspitosa, du Scorzonera pygmæa et d’une nouvelle espèce du genre Senecio (S. Gallerandianus), qui, par le port, rappelle le Senecio incanus des Alpes. Dans les lieux pierreux, le Carduncellus atractyloides, l’Asperula aristata, le Salvia Aucheri, le Catananche montana, le Vicia glauca, le Draba Hispanica et le Calamintha alpina, etc., croissent en assez grande abondance. Les rochers du pic ne nous présentent d’autres végétaux ligneux que des touffes basses du Rhamnus alpinus, du Berberis vulgaris var. australis et du Prunus prostrata, qui applique ses tiges tortueuses sur les parois des rochers[15]. Un pied unique d’Acer Monspessulanum fait toutefois exception, et par ses dimensions se trouve être sur cette montagne le dernier représentant de la végétation arborescente. Le point culminant (2086 mètres d’altitude) nous montre les plantes de la région montagneuse supérieure associées à des espèces du centre de l’Europe et à quelques-unes de celles de la plaine de Batna et de la région montagneuse inférieure ; nous y retrouvons l’Ephedra Græca déjà observé à environ 1100 mètres d’altitude, près de la maison des gardes. — Un plateau peu étendu, à l’ouest du pic, a offert à M. Balansa les : Valerianella olitoria et carinata, Scabiosa crenata, Santolina canescens, Bromus tectorum. Il a recueilli, vers la partie supérieure des pentes méridionale et occidentale, les : Draba Hispanica, Polygala rosea, Silene Atlantica, Sedum glanduliferum, Pimpinella Tragium, Evax Heldreichii, Scorzonera pygmæa, Hieracium saxatile, Campanula Atlantica, Erinus alpinus, Linaria flexuosa, Anarrhinum fruticosum et Stipa pennata. — Le versant septentrional, par lequel nous descendons dans la vallée qui sépare le Djebel Tougour du Djebel Bordjem, est creusé d’un profond ravin, et couvert de Cèdres depuis la base du pic jusqu’au niveau de la vallée. Vers le milieu de la hauteur de la pente, on voit çà et là parmi les Cèdres de la forêt quelques pieds isolés de l’Acer Monspessulanum, et quelques buissons du Cratægus monogyna var. hirsuta, ainsi que les Cotoneaster que nous avons déjà mentionnés sur la pente orientale. Un groupe de rochers, qui continue sur la pente nord l’espèce de muraille dont nous avons déjà parlé, forme une grotte, près de laquelle on rencontre un seul pied du Lonicera arborea, arbre des montagnes élevées du royaume de Grenade. A l’ombre de ces rochers, M. Balansa a recueilli le Geum heterocarpum, découvert d’abord par M. Boissier dans les montagnes du midi de l’Espagne, puis retrouvé en Orient, sur le mont Cadmus en Carie, par le même botaniste, dans la chaîne du Taurus par M. Balansa, et dans les Alpes françaises, aux environs de Gap, par M. Blanc. — Les zones de végétation sur cette pente, généralement couverte d’un humus abondant, sont encore moins tranchées que sur la pente orientale ; en effet, des touffes de Buplevrum spinosum s’y montrent presque depuis la partie supérieure de la montagne jusque dans le fond de la vallée, et une espèce nouvelle d’Erodium (E. montanum) y occupe une assez large étendue. Sur ce versant, on trouve les : Milium vernale, Triticum hordeaceum, Avena macrostachya, Cynosurus Balansæ, Linaria heterophylla, Selinopsis montana, Vicia glauca, etc. — La limite inférieure des Cèdres est déterminée, comme nous l’avons déjà dit, par le niveau même de la vallée (environ 1620 mètres d’altitude), où nous dressons notre tente en face du col qui partage le premier contre-fort de la montagne voisine et qui est désigné sous le nom de Teniat-Bordjem. Sur aucun point de la pente nord, nous n’avons retrouvé ni les arbres, ni les broussailles qui constituent la végétation ligneuse de la partie inférieure de la pente orientale ; ce n’est qu’à la limite de la vallée, à la base du versant nord, que se rencontrent quelques Genévriers, ainsi que des pieds espacés de Chêne-vert et de Fraxinus dimorpha qui là est arborescent, et que sur la pente orientale, à une altitude plus élevée, nous n’avions rencontré qu’à l’état de buisson. — Les environs de notre campement nous présentent des pâturages s’étendant jusqu’aux ravins qui les séparent de la base du Djebel Bordjem. Nous recueillons dans ces pâturages entre autres espèces les : Ononis Cenisia, Buplevrum spinosum, Vicia glauca et onobrychioides, etc. — Le sol argileux et schisteux de l’un des ravins nous présente un grand nombre de plantes intéressantes, parmi lesquelles nous nous bornerons à citer les : Jurinæa humilis var. Bocconi, une espèce nouvelle d’Helichrysum (H. lacteum), Ononis Cenisia, Evax Heldreichii, Scabiosa crenata, Scleranthus polycarpus, etc. En poursuivant l’exploration de la pente qui nous conduit au col du Djebel Bordjem, nous voyons des touffes du Juniperus Oxycedrus indiquer le commencement de la région boisée ; là nous rencontrons en grande abondance de vastes touffes d’Ampelodesmos tenax, les Asphodeline lutea, Buplevrum spinosum, Othonna cheirifolia. Plus haut, les bois prennent un plus grand développement ; le Chêne-vert (Quercus Ilex et var. Ballota) est l’essence qui domine, et la plupart des arbres présentent près d’un mètre de circonférence. Le Cèdre ne se montre qu’à la base des rochers qui couronnent les sommités, ou dans la partie supérieure des ravins de ces premiers contre-forts de la chaîne du Djebel Bordjem. Les rochers du col (environ 1830 mètres d’altitude) nous offrent le Rhamnus Alaternus var. prostratus ; dans les fissures ombragées se rencontrent des touffes des Fumaria Numidica et sarcocapnoides. — Lorsque nous sommes arrivés à l’échancrure du col, nous voyons se perdre à l’horizon les immenses forêts de Cèdres couvrant toutes les pentes des nombreuses montagnes qui nous apparaissent dans la direction de Sétif.