Fig. 3.

A, redjem ou pyramide de pierres accompagnant certains tombeaux. — B, tombeau (B, [fig. 2]). C, tombeau (C, [fig. 2]) : a, pierre debout 1 m. 10 ; b, niche adossée à l’ouest du tombeau. — DD′ tombeau.

Ces tombeaux B C D sont situés près du village de Tit, sur le bord du plateau basaltique qui limite au nord la vallée de l’Oued (A, [fig. 2]).

O. Outoul. — Au confluent de l’oued Outoul et de l’oued Adjennar, sur la route de Tamanr’asset à Tit M. Chudeau a dessiné un très beau tombeau analogue à C ([fig. 3]) et qui est reproduit en A ([fig. 4]).

Tin Hinan. — Ce sont là incontestablement de beaux monuments d’une ordonnance plus compliquée, et d’un travail plus soigné que les autres redjems sahariens, mais le chef-d’œuvre de cette architecture funéraire est le tombeau de Tin Hinan à Abalessa. C’est une énorme tombe turriforme de 20 mètres de diamètre, juchée au sommet d’une éminence, et entourée de plusieurs chouchets du type ordinaire (B et B′ de [fig. 4]). Le mur d’enceinte a 2 mètres de haut ; à l’intérieur des murettes délimitent des chambres. Motylinski a photographié et longuement décrit ce monument par lequel il se déclare « profondément impressionné[57] ». A juste titre en effet : c’est le plus beau redjem du Sahara, et ce somptueux tombeau berbère est un document archéologique de valeur comparable au Tombeau de la Chrétienne ou au Medracen. Il est au type chouchet ce que ceux-ci sont au type bazina, le dernier terme de l’évolution. Notons qu’il a sur les autres redjems encore une supériorité importante, celle de n’être pas anonyme ; Tin Hinan est un personnage presque historique, c’est l’ancêtre de tous les nobles Touaregs, ancêtre maternel naturellement, puisque le Hoggar en est resté au matriarcat. C’est la souche de tout l’arbre généalogique Hoggar. Autour du grand tombeau les petits rangés en cercle passent pour ceux des Imr’ads de Tin Hinan. Et un chouchet situé en contre-bas, à quelques centaines de mètres dans la vallée, serait celui de Tamakat, ancêtre maternelle des tribus Imr’ads.

Fig. 4.

A, tombeau au confluent de l’oued Outoul et l’oued Adjennar (entre Tit et Tamanr’asset). — B, tombeau de Tin Hinan ; a, chambre centrale ; b, grande pierre sous laquelle est une niche s’ouvrant en a ; c, couloir à entrée masquée ; d, chambres périphériques encombrées de pierres éboulées. Le mur d’enceinte a 2 mètres de haut. — B′, tombe de Tin Hinan entourée des chouchets de ses imr’ads. — β, de Takamat ; une mosquée moderne lui est adossée.

(Figure extraite du Bulletin de la Société d’anthropologie.)

Le Hoggar nous offre donc les plus beaux spécimens de redjems au Sahara et en même temps les plus récents, les seuls qui soient datés, ou, en tout cas, attribués à des personnages historiques. Ils appartiennent tous au type turriforme, chouchet.