(Figure extraite de L’Anthropologie. Masson et Cie, édit.)

Il semble que Besset, au Mouidir occidental a vu de nombreux chouchets, qu’il décrit ainsi : « un mur circulaire en pierre sèche à l’intérieur duquel repose le corps recouvert de dalles et de sables ».

La tombe représentée par Foureau (l. c., fig. 377), et qui est surmontée d’un monolithe, a, nous l’avons vu, quelques analogues au Hoggar.

Les autres tombes, au contraire (fig. 381, 382, 383, 385, 386, 387[59]), c’est-à-dire la plupart de celles que décrit M. Foureau, semblent au premier coup d’œil sur la photographie, très aberrantes des types occidentaux. Ce qui frappe d’abord en effet, c’est un lacis compliqué de murettes basses ou, si l’on veut, de pavage en cordon, dessinant le plus souvent des ellipses, ou bien encore un triangle (fig. 305) ; ces dessins, compliqués comme des soutaches, couvrent de grands espaces dont le grand diamètre atteint 80 mètres.

A y regarder de près pourtant et surtout à consulter le texte on se rend compte bien vite que ces lignes compliquées aboutissent à un tombeau central, ou à un groupe de tombeaux, qui sont purement et simplement des redjems, ou comme dit M. Foureau, « des tumuli de débris de roches amoncelés en forme de cônes bas, tronqués ».

M. Voinot décrit et figure deux redjems de ce genre « à soutaches » sur la limite méridionale du Mouidir, à Tin Lalen (O. Arak) et à Amguid. Je crois pourtant que, au Mouidir, ce type est sporadique ; Besset ne le mentionne pas.

A l’ouest du Hoggar nous ne l’avons rencontré qu’une seule fois. Au nord-est d’In Ziza, dans l’oued Akifou j’ai vu à la surface du sol un grand dessin en cordon de pierres qui rappelait par ses allures de soutache les photographies de Foureau : une ellipse, dont le grand axe est prolongé par des cornes rectilignes. En relation avec ce monument je n’ai pas vu de redjem, mais je n’ai fait que passer et je n’ai même pas eu le temps de mettre pied à terre. Notons que l’oued Akifou est à peu près le point le plus oriental de mon itinéraire, il n’est donc pas surprenant d’y voir représenté, sporadiquement, le type monumental de l’est. (Voir [fig. 9,] no 6.)

Le Tassili des Azguers serait donc une province particulière où le redjem est entouré d’un dessin compliqué de cordons en pierres sèches, figurant toujours une voie d’accès au tombeau ; on ajoute au tombeau un vestibule ornemental, pour ainsi dire.

Notons pourtant que certains tombeaux figurés par Chudeau ont un rudiment de ceinture extérieure, de même d’ailleurs que le redjem de l’oued Tougçemin ([fig. 1,] no 7). Les festons figurés par Chudeau en d, [fig. 2,] au voisinage du grand tombeau C sont même tout à fait analogues aux soutaches.

En somme pourtant les redjems préhistoriques du Hoggar, autant que nous les connaissons, ne sont pas enclos d’un cordon de pierres avec voie d’accès. Je dis les préhistoriques, nous verrons en effet qu’il en est tout autrement des tombeaux actuels.