Fig. 9. — Monuments en pierres sèches (pavages à fleur de sol).
1. Cercle de Toloak. — 2. Cercle d’Ouan Tohra. — 3 et 4. Rectangles à Ouan Tohra. — 5. Mosquée touareg. — 6. Dessin en pierres sèches dans l’O. Akifou. — Les figures sont orientées comme une carte de géographie.
(Figure extraite de L’Anthropologie, Masson et Cie, édit.)
Un de ceux que j’ai vus de plus près, et le seul que j’aie soigneusement fouillé, se trouve à Taloak. Le cercle est parfaitement régulier, on peut croire qu’il a été tracé au cordeau. Le mur qui le circonscrit, au ras du sol, est fait de six rangées de pierres debout, chaque rangée inscrite dans la précédente, et tout cela d’un appareil assez soigné. Ce mur a 1 mètre d’épaisseur. La partie centrale du cercle, libre de pierres a 7 mètres de diamètre. Notons que les pierres ne sont pas posées sur le sol mais profondément enracinées.
J’ai vu, en passant, des cercles tout à fait semblables à diverses reprises, à six kilomètres au nord d’Ouan Tohra, dans l’oued Ebedakad (Adr’ar des Ifor’ass) ; le colonel Laperrine en a photographié. (Voir pl. XIV, [phot. 27.])
Chudeau en signale un certain nombre au Hoggar, près d’Abalessa, à 12 kilomètres au sud de Tamanr’asset, dans l’oued Tinfedet (sud du Hoggar) au sud des tilmas : sur ce dernier point le type est assez aberrant, de petites dimensions, 2 mètres seulement de diamètre :
Dans l’Aïr, Chudeau a vu de grands cercles à 10 kilomètres au nord-ouest d’Iferouane, à 7 kilomètres au nord de Salem-Salem, dans un cimetière musulman. (Voir [fig. 10.])
Détail intéressant, il note l’emploi de cailloux blancs (quartz) pour paver soit l’intérieur du cercle, soit des bandes intercalées entre circonférences concentriques. (On a vu que l’usage décoratif du quartz s’est conservé dans la technique des tombeaux modernes.)
Foureau lui aussi a vu ces grands cercles (fig. 384, p. 1081). Barth est le premier qui les ait signalés à 200 kilomètres dans l’est de Mourzouk[61].
En somme ils sont anciennement connus, ils ont été notés par tous les voyageurs, ils sont fréquents et épars sur tout le Sahara central. Il y a quelques types aberrants.