Les figures ci-jointes ont été exécutées par M. Ferrand, dessinateur de l’École des sciences d’après des calques et des estampages ; elles présentent donc des garanties suffisantes d’exactitude. Ces gravures rentrent tout à fait dans la catégorie des gravures anciennes. Elles en ont tous les caractères distinctifs.
1o Les figures ont de grandes dimensions, parfois même elles sont grandeur nature ;
2o Le dessin est amusant et trahit un souci de la nature qui fait songer à nos dessins quaternaires sur bois de renne ou ivoire de mammouth ;
3o Le trait est profond, régulier ;
4o La patine est aussi foncée dans le trait lui-même que sur la roche avoisinante ;
5o L’extrême antiquité de la gravure, déjà prouvée par la patine, est accusée par le choix des sujets, animaux disparus, comme l’éléphant ; ou fossiles, comme le buffle antique.
Les gravures du col de Zenaga sont naturellement d’intérêt inégal. Il en est qui sont des énigmes indéchiffrables : par exemple l’animal à taille mince de lévrier, à cou démesuré de girafe et ceint d’un collier, à tête indistincte, hérissée et balafrée de longs poils (?) ([fig. 11,] γ). Ou bien encore la figure β de la même planche, qu’on ne sait comment décrire, à moins qu’on ne se décide à y voir un être humain schématique, assis et les bras écartés (?)
Quelques animaux ne sont reconnaissables que tout à fait en gros, et non sans quelque hésitation, α de la même figure 11, semble bien être un mouton avec une corde au cou. α, β, γ de la [figure 12] comme aussi α de la [figure 13] sont évidemment des bovidés et d’espèces différentes, γ de la figure 12 a les cornes courtes et le muffle carré. Tous les autres ont le muffle pointu et les cornes démesurément longues ; mais sont-ce bien des Bubalus antiquus ? on serait tenté de répondre oui pour α de la figure 13 ; pourtant l’hésitation reste permise. Elle ne l’est plus pour γ de la même figure ; c’est un joli dessin de bubale antique, simplement esquissé mais bien campé ; toutes les caractéristiques de l’animal y sont ; les cornes immenses, circulaires, le chanfrein courbé, le garrot élevé.
β de la figure 3 est également un éléphant réussi, quoique réduit à ses lignes principales, et faisant songer aux animaux dessinés d’un trait de plume de nos journaux illustrés.