Barrebi est un ksar dans l’oasis des Beni Goumi, plus connu sous le nom de Tar’it.

Les gravures s’alignent, pendant un kilomètre peut-être, sur la tranche d’une couche de grès, surmontée en stratification concordante par une couche fossilifère de calcaire dinantien.

Ce grès, probablement carboniférien, se trouve être beaucoup moins résistant aux intempéries que les grès crétacés de la chaîne des ksour où ont été relevées jusqu’ici la plupart des gravures rupestres connues en Algérie. La paroi de grès est très ébouleuse, très effritée, il est donc possible que les gravures les plus anciennes et par conséquent les plus belles aient disparu.

En tout cas les gravures subsistantes à Barrebi sont bien moins soignées et moins intéressantes que celles, toutes voisines pourtant, du col de Zenaga à Beni Ounif.

Il en est cependant plusieurs d’incontestablement anciennes, à en juger non seulement par les dimensions, la profondeur du trait et la patine, mais aussi par les animaux représentés. Dans la [figure 15,] 1 est un éléphant incontestable, si mal dessiné qu’il soit ou du moins je n’imagine pas qu’il puisse être autre chose.

3, 5 et peut-être 2, 6 et 7 sont des représentations de Bubalus antiquus, bien mauvaises il est vrai. L’immense développement des cornes dans 3 et 5 ne laisse pas de place au doute. Mais nous sommes loin de tant de belles gravures publiées représentant cet animal. Il faut noter qu’un Bubalus antiquus (no 5) porte sur le dos ce qui semble bien être la représentation conventionnelle d’un bât.

4 est intéressant parce qu’il présente une analogie évidente avec des gravures publiées par Pomel (Pl. XI, fig. 1, 2, 3)[70] et où il a cru reconnaître le gnou, dont il signale en Algérie des ossements fossiles. (Voir pl. XV, [phot. 30.]) On pourrait d’ailleurs reconnaître à la rigueur un gnou dans les nos 2 et 6 à la direction « apparente » des cornes. Pourtant je crois bien que 6 représente un bœuf quelconque et 2 un Bubalus antiquus bâté. Pour cette dernière figure en particulier, il suffit de supposer que la tête de la bête est représentée à profil perdu et que par conséquent il manque une corne.

Même le no 4 est trop informe, je crois, pour qu’on y reconnaisse avec certitude un gnou, d’autant plus que les figures publiées par Pomel ne sont pas meilleures. Il me semble que l’existence du Gnou dans les gravures rupestres nord-africaines reste encore à démontrer.

Fig. 15. — Gravures rupestres de la station de Barrebi. — Réduction au vingtième d’après un calque ; 1, par exemple, a 1m,20 des défenses à la queue.