Il faut noter la présence à la limite méridionale de l’Ahnet et au nord d’In Ziza, d’une tendance à l’ensablement et d’un puissant cordon de dunes allongé parallèlement à l’O. Tiredjert. Les objets en pierre polie ont tous été trouvés à petite distance d’une dune.
Une hache à l’oued Tamanr’asset près de Timissao.
Une jolie pointe de silex en feuille de laurier du type d’Ouargla, au sud de la gara Tirek.
Dans la même région (N. d’In Ouzel) un pilon très allongé et très mince et un rouleau cylindrique en quartz rubanné ; ce dernier, qui n’est pas arrivé en Europe, était long de 0 m. 13 mais il a pu l’être davantage, il semblait brisé à une extrémité au moins, la section n’était pas tout à fait sphérique (grand diamètre 0 m. 056, petit diamètre 0 m. 052).
Dans le Tanezrouft oriental, entre In Ouzel et le Hoggar, Chudeau a trouvé encore huit haches ou pilons.
Au total la traversée du Tanezrouft a donné une vingtaine d’armes ou d’outils néolithiques. On sait que les indigènes appliquent le mot de Tanezrouft aux parties les plus arides et les plus inabordables du Sahara. Entre l’Ahnet et In Ouzel la partie traversée du Tanezrouft a 500 kilomètres, et sur cette grande étendue on ne rencontre que deux points d’eau. Ces solitudes mortes, où personne aujourd’hui ne séjourne jamais, se traversent à marches forcées de jour et de nuit, le moindre retard pouvant avoir de graves conséquences. Les objets rapportés ont été ramassés précipitamment parce qu’ils se sont trouvés sous les pieds du chameau, de jour, suffisamment en évidence pour être aperçus à quelques mètres de distance, à un moment où l’œil du cavalier n’était pas attiré par autre chose. Dans de pareilles conditions il me paraît remarquable qu’un aussi grand nombre d’objets ait été trouvé ; cela suppose évidemment une diffusion assez abondante des produits de l’industrie néolithique à la surface du Tanezrouft.
Il devient curieux par contraste qu’on n’ait rien trouvé dans les vallées de l’Ahnet, où l’on marchait à petites journées, faisant de longs séjours, et entouré de Touaregs familiers avec le pays, qui savaient devoir bénéficier d’une prime s’ils indiquaient un gisement néolithique.
Les Touaregs connaissent les haches néolithiques, ils s’en servent pour aiguiser leurs rasoirs, et ils ont d’ailleurs au sujet du néolithisme des légendes explicatives. Si je les ai correctement interrogés (ce qui est à vrai dire malaisé) ils indiquent en effet le Tanezrouft comme la région par excellence où le néolithisme a laissé de traces.
Ce curieux renseignement cadre avec les observations de MM. Foureau et Chudeau à l’est du Hoggar. L’Aïr semble lui aussi très pauvre en néolithisme.
M. Chudeau a bien rapporté une flèche provenant de Teguidda n’Taguei (50 kilomètres N.-O. d’Agadès), mais elle était isolée, et le point d’ailleurs est franchement en dehors de l’Aïr montagneux.