—Les traces, trouvées par toi, témoignent avec évidence que, dans des temps très éloignés, un malheureux a demeuré ici, un malheureux que le sort avait jeté dans cette île déserte, fit-il en terminant.
Hélène fit entrer son père dans la caverne et lui remit la lunette et la flûte. Le vieux marin tâta et mesura longuement ces objets.
—Ce sont des instruments très anciens, dit-il finalement en rendant à sa fille la lunette. Je me rappelle en avoir vu de pareils dans ma jeunesse.
Il approcha la flûte de ses lèvres et en tira des sons amples et agréables.
—Quel bel instrument, fit-il. Il me servira de distraction dans mes moments de tristesse, et occupera mes loisirs.
—Oui, oui, papa, ajouta Hélène. Et quand je m'en irai dans la forêt, tu pourras, toujours à l'aide de cet instrument, me rappeler auprès de toi. C'est une agréable trouvaille.
—Mais il est temps, mon enfant, de continuer notre route, interrompit le vieillard: autrement, nous ne pourrons visiter grand'chose avant le soir.
—Permets-moi seulement de voir d'abord où se jette ce petit ruisseau et s'il ne coule pas vers l'endroit où se trouvent nos effets. Repose-toi ici, en attendant. Il y fait si bon et si frais.
—Va, ma petite, fit le vieillard, mais reviens promptement.
Quelque temps après, Hélène atteignait la cataracte, d'où les eaux du ruisseau, en mugissant et en écumant, se précipitaient sur les rochers du bord. D'un côté de la cataracte s'ouvrait un sentier pratiqué par la nature même, et qui descendait jusque sur le rivage.