En suivant le courant du ruisseau, Hélène arriva bientôt à un endroit où il se partageait en deux bras, dont le plus grand se jetait directement dans la mer; tandis que l'autre, tournant de côté, coulait tout doucement, en serpentant entre les rochers, jusqu'au point où ils avaient abordé. Non loin de là gisaient les effets sauvés par elle.
Hélène se mit à marcher le long du rivage et, soudain, s'arrêta, stupéfaite, devant des rochers où se trouvaient accrochés presque tous les objets et vêtements emportés, quelque temps auparavant, par les torrents des montagnes dans la mer.
Craignant que la marée ou la tempête ne la privât de nouveau de ces trésors, elle les ramassa et les porta plus haut, vers le pied de la montagne. Par surcroît de précaution, elle les attacha même à un arbre avec des lianes solides, qui remplaçaient parfaitement les cordes.
Ce travail inaccoutumé fatiguait beaucoup Hélène, de sorte qu'elle se voyait obligée de s'arrêter souvent, pour reprendre haleine. Mais aussi avec quel plaisir s'assit-elle pour se reposer, une fois sa tâche finie!
De retour dans le berceau, elle trouva son père endormi: il était assis près de la table, la tête appuyée contre le mur.
De peur de le déranger, elle se dirigea tout doucement vers la sortie. Mais ce bruit léger réveilla le vieillard.
—Est-ce qu'il y a longtemps que tu es revenue? demanda-t-il étonné. Pourquoi ne m'as-tu pas éveillé?
—Ton sommeil paraissait si doux, et tu as tant besoin de repos! Nous avons beaucoup à marcher aujourd'hui.
Pour toute réponse, le vieillard embrassa avec reconnaissance sa fille, si remplie de sollicitude pour lui.
Ils descendirent dans la vallée et se dirigèrent, en longeant le lac, vers le bois mystérieux.