Là, Hélène, à sa vive surprise, aperçut une grande quantité d'arbres, disposés dans un ordre remarquable.
—La plupart des arbres, dit-elle à son père, sont ordonnés en rangées symétriques, qui ont évidemment été plantées par une main d'homme. Les uns sont couverts de beaux fruits savoureux, d'autres sont encore en fleur!…
—Ne vois-tu pas à proximité une habitation quelconque? demanda précipitamment le vieillard, en l'interrompant.
—Non, papa, mais il y a ici beaucoup de jolis berceaux. Allons les visiter.
—Attends, mon enfant, explorons d'abord ce bois, puis nous jetterons un coup d'œil dans les berceaux.
Hélène conduisit son père plus loin en lui décrivant, avec les détails les plus minutieux, tout ce qu'ils rencontraient. Enfin elle déboucha sur une clairière: au milieu se trouvait un champ, couvert d'une végétation épaisse.
En s'approchant davantage, Hélène reconnut quelques-unes des plantes.
—Papa, papa, s'écria-t-elle soudain, figure-toi,… dans ce champ, au milieu d'une foule de mauvaises herbes, il y a des tiges de maïs et des haricots… Mais comme ce champ paraît négligé!
—C'est une nouvelle preuve que nous nous trouvons seuls dans l'île! fit observer le vieux marin.
Enfin ils arrivèrent à l'extrémité du bois et se trouvèrent devant une montagne élevée et escarpée.