—Comment vas-tu, mon enfant? N'as-tu besoin de rien?

Ici, ses idées s'embrouillèrent. Elle ne vit, n'entendit plus rien. Toutes ses sensations furent enveloppées de ténèbres épaisses, où, comme dans un rêve, arrivait jusqu'à elle la voix de son père qui, toute la nuit, la consolait doucement.

CHAPITRE XIX

Réveil.—Un nouveau printemps.

Environ trois semaines plus tard, par une belle matinée, Hélène ouvrit les yeux et regarda autour d'elle avec étonnement. L'entrée de la caverne était éclairée par les rayons dorés du soleil levant. Une brise légère soufflait du lac et répandait tout autour les parfums de la forêt verdoyante et de la vallée. Le ciel était serein et un clair gazouillis d'oiseaux retentissait dans l'air.

A sa vive surprise, elle s'aperçut qu'elle était couchée dans son lit sous deux couvertures en laine; à son chevet était assis, la tête appuyée contre la main, un inconnu aux traits vieillis.

Pendant quelques instants, Hélène regarda fixement l'inconnu.

«Qui est-ce?… Où suis-je?… Pourquoi est-il là?» se demanda-t-elle.

Tout à coup, comme dans un songe, cette idée lui traversa l'esprit qu'elle avait été malade, que cette maladie avait duré longtemps. Dans sa mémoire résonnaient confusément les tendres paroles d'amour et de consolation que lui adressait son père lorsque ses souffrances redoublaient d'intensité.

—Oh! murmura-t-elle d'une voix à peine intelligible, j'ai été malade et il m'a soignée. Mais comme il est changé et vieilli!