Enfin, tombant presque de fatigue, elle atteignit la caverne, où son père inquiet l'accueillit avec un cri de joie et les bras ouverts.
—Papa, la pluie m'a mouillée d'outre en outre! dit-elle, en se dirigeant vers le fond de la caverne pour changer de vêtements.
—Change-toi bien vite, mon enfant! fit le vieillard.
Toute tremblante, Hélène posa son fardeau par terre, mit d'autres vêtements et voulut s'approcher de son père; mais une faiblesse insolite paralysait ses membres: elle sentait qu'elle ne pouvait plus faire un pas.
—Je suis très fatiguée, fit-elle, en s'efforçant de raffermir sa voix, et je vais me coucher pour me reposer.
—Ta voix tremble, mon enfant! Où es-tu? Viens, embrasse-moi.
—Je me sens seulement un léger frisson après cette averse glacée, répondit-elle, mais je me réchaufferai bientôt.
A grand'peine, elle s'approcha de son père et l'embrassa. Le vieillard remarqua tout de suite le frisson qui secouait le corps délicat de sa fille, et un noir pressentiment envahit son âme. Il lui dit de se coucher tout de suite et de s'envelopper chaudement.
Après avoir souhaité bonne nuit à son père, Hélène se traîna en chancelant vers sa couchette et s'y laissa presque tomber.
Mais alors, un vertige la prit, ses yeux se troublèrent. Elle vit encore que son père l'enveloppait avec soin de sa couverture, et l'entendit lui dire doucement: