Il tomba lentement à genoux devant le lit de sa fille et l'entoura de ses bras tremblants. Elle inclina doucement sa tête sur la poitrine de son père, et une étreinte chaleureuse réunit ces deux êtres qui avaient tant souffert.

—Mon enfant, dit enfin le vieillard, j'entends, à ta voix, que tu vas mieux, bien mieux qu'auparavant. Le sort m'a rendu ma fille! Dis, Hélène, comment te sens-tu?

—Cher et bon papa! répondit la jeune fille. Il me semble que j'ai été très mal, mais je vais me rétablir bientôt!

—Doucement, doucement, ma chérie! interrompit le vieillard. Après une telle secousse, les forces ne se rétablissent pas aussi vite. Ne te fatigue pas, ne parle plus. Recouche-toi.

—Mais est-ce que j'étais bien malade, papa?

—Ah! je commençais déjà à perdre tout espoir, fit le vieillard avec un profond soupir! Mais le destin a eu pitié de moi et te rend à la vie, si triste qu'elle soit.

—Que de soucis je t'ai donnés! dit Hélène avec tendresse. Est-ce que j'ai été longtemps malade?

—Je ne saurais te le dire, répondit le vieillard. Je sais seulement que la saison pluvieuse vient de passer, et que tu es restée longtemps dans un état inconscient et désespéré. Mais assez, ma fille. Ne te fatigue pas à parler. Dis-moi plutôt si tu n'as besoin de rien? Ne veux-tu pas boire? J'ai encore de l'eau.

—Oui, je voudrais un peu d'eau, dit Hélène. Mais comment te l'es-tu procurée?

Il se leva, se dirigea en tâtonnant vers la sortie et revint bientôt avec une coquille de noix de coco remplie d'une eau limpide.