La boisson fraîche et parfumée, un peu acide, ranima et fortifia la fillette.
—C'est de l'eau de pluie avec du citron, lui dit son père. Et maintenant, repose-toi, ma fille.
Mais Hélène pria son père de lui permettre de jeter un coup d'œil au dehors de la grotte. Elle voulait contempler le tableau que présentait la nature après la saison pluvieuse.
«Hélène, comment te sens-tu?»
—Pourvu que tes forces ne te trahissent pas! lui dit son père. Sois prudente. Il le faut, surtout au début de la convalescence.
Hélène se leva, non sans peine, mais elle sentit aussitôt qu'elle ne pouvait se tenir sur ses jambes. Pourtant, elle s'efforça de persuader à son père qu'à l'air elle se sentirait mieux et que ses forces lui reviendraient plus vite. Il se laissa convaincre et la porta presque dehors.
Avec quelle volupté ineffable elle aspirait l'air frais du matin! il lui semblait que chaque bouffée lui donnât de nouvelles forces. Son père lui offrit une datte sèche qu'elle mangea avec plaisir.
Mais elle ne put s'abandonner longtemps à cette volupté. Bientôt une grande lassitude la prit et le sommeil la gagna.
Son père la reconduisit dans la grotte où elle se laissa tomber sur son lit. Voyant que le vieillard avait également besoin de repos, elle lui dit qu'elle ne s'endormirait pas, tant qu'il ne lui en donnerait pas l'exemple lui-même.