VII
Soit que nous arrivions à l'idée d'absolue Unité, source présumée de Tous les Êtres, par une considération de la Simplicité prise pour la caractéristique la plus probable de l'action originelle de Dieu;—soit que nous y parvenions par l'examen de l'universalité de rapports dans les phénomènes de la gravitation;—ou soit enfin que nous aboutissions à cette idée comme au résultat de la corroboration réciproque des deux procédés,—toujours est-il que l'idée, une fois acceptée, est inséparablement connexe d'une autre idée, celle de la condition de l'Univers sidéral, tel que nous le voyons maintenant, c'est-à-dire d'une incommensurable diffusion à travers l'espace. Or, une connexion entre ces idées,—unité et diffusion,—ne peut pas être admissible sans une troisième idée, celle de l'irradiation. L'Unité Absolue étant prise comme centre, l'Univers sidéral existant est le résultat d'une irradiation partant de ce centre.
Or, les lois de l'irradiation sont connues. Elles sont partie intégrante de la sphère. Elles appartiennent à la classe des propriétés géométriques incontestables. Nous disons d'elles: elles sont vraies, elles sont évidentes. Demander pourquoi elles sont vraies, ce serait demander pourquoi sont vrais les axiomes sur lesquels s'appuie la démonstration de ces lois. Il n'y a rien de démontrable, pour parler strictement; mais s'il y a quelque chose de démontrable, les propriétés et les lois en question sont démontrées.
Mais ces lois, que déclarent-elles? Comment, par quels degrés l'irradiation procède-t-elle du centre vers l'espace?
D'un centre lumineux la Lumière émane par irradiation, et les quantités de lumière reçues par un plan quelconque, que nous supposerons changeant de position, de manière à se trouver tantôt plus près, tantôt plus loin du centre, diminueront dans la même proportion que s'accroîtront les carrés des distances entre le plan et le corps lumineux, et s'accroîtront dans la même proportion que diminueront les carrés.
L'expression de la loi peut être ainsi généralisée:—Le nombre de molécules lumineuses, ou, si l'on préfère d'autres termes, le nombre d'impressions lumineuses, reçues par le plan mobile, sera en proportion inverse des carrés des distances où sera situé le plan. Et pour généraliser encore, nous pouvons dire que la diffusion, l'éparpillement, l'irradiation, en un mot, est en proportion directe des carrés des distances.
Par exemple: à la distance B, du centre lumineux A, un certain nombre de particules est éparpillé, de manière à occuper la surface B. Donc à la distance double, c'est-à-dire à C, ces particules se trouveront d'autant plus éparpillées qu'elles occuperont quatre surfaces semblables; à la distance triple, ou à D, elles seront d'autant plus séparées les unes des autres qu'elles occuperont neuf surfaces semblables; à une distance quadruple, ou à E, elles seront tellement diffuses qu'elles s'étendront sur seize surfaces semblables;—et ainsi de suite à l'infini.
Généralement, en disant que l'irradiation procède en raison proportionnelle directe des carrés des distances, nous nous servons du terme irradiation pour exprimer le degré de diffusion à mesure que nous nous éloignons du centre. Inversant la proposition, et employant le mot concentralisation pour exprimer le degré d'attraction générale à mesure que nous nous rapprochons du centre, nous pouvons dire que la concentralisation procède en raison inverse des carrés des distances. En d'autres termes, nous sommes arrivés à cette conclusion, que, dans l'hypothèse que la matière ait été originellement irradiée d'un centre, et soit maintenant en train d'y retourner, la concentralisation, ou action de retour, procède exactement comme nous savons que procède la force de gravitation.