Les invités de la soirée commençaient à remplir les salons. Archer suivit le regard de la comtesse Olenska: il vit May qui entrait avec sa mère. Grande, élancée, dans sa robe blanche ceinturée d'argent, avec ses cheveux couronnés de fleurs d'argent, c'était Diane en personne.
—J'ai tant de rivaux, dit Archer. Voyez comme elle est déjà entourée! Voilà le duc qui se fait présenter.
—Restez encore un peu avec moi, dit la comtesse Olenska à voix basse, et de son éventail elle effleura le genou du jeune homme. Ce n'était qu'un léger frôlement, mais qui le fit tressaillir.
—Vous permettez que je reste? répondit-il sur le même ton, sachant à peine ce qu'il disait.
Mais le maître de la maison s'avançait, suivi du vieux Mr Urban Dagonet. La comtesse les accueillit avec un sourire grave, et Archer, sous le regard de M. van der Luyden, se leva.
Mme Olenska lui tendit la main:
—C'est entendu. Demain, après cinq heures. Je vous attendrai, dit-elle; puis, elle fit place à Mr Dagonet auprès d'elle.
Archer répéta: Demain. Pourtant, ils n'avaient pas pris rendez-vous et, durant leur conversation, la comtesse n'avait pas témoigné qu'elle désirât le revoir.
En s'éloignant, il vit Lawrence Lefferts qui s'approchait pour présenter sa femme. Gertrude Lefferts, très empressée, disait avec son large sourire insipide:
—Je crois me rappeler que nous allions ensemble au cours de danse quand nous étions petites.