—Roberto! m’écriai-je, tout ému, en l’appelant de son nom de baptême, comme au temps de notre enfance.

Il me fit signe de m’asseoir.

—Egidio, dit-il tout à coup, ma femme vous a envoyé chercher pour la confesser?

—J’ai rencontré la comtesse en rentrant ce matin, répondis-je; elle a exprimé le désir de communier demain matin avec vous et Donna Marianna, et j’ai promis de revenir ce soir pour entendre sa confession.

Roberto se tut, regardant fixement devant lui, comme s’il eût été inconscient de ma réponse. Enfin il leva la tête.

—Vous êtes-vous aperçu, demanda-t-il, que ma femme est souffrante depuis quelque temps?

—On voit bien que la comtesse n’est pas dans son état normal. Elle paraît triste et nerveuse, et je pense qu’elle se tourmente au sujet de Votre Excellence.

Le comte se pencha vers moi et posa sa main amaigrie sur la mienne.

—Appelez-moi Roberto, dit-il.

Il y eut encore un silence; puis il reprit: