—Le prêtre d’abord, l’homme ensuite, ricana-t-il.

—Oui, bien après.

Il me jeta un long regard de mépris.

—Nous autres, laïques, nous sommes prêts à donner jusqu’au dernier lambeau de chair; mais vous autres, prêtres, vous voulez garder votre soutane entière.

—Je vous le répète, ma soutane ne m’appartient pas.

—Eh! grand Dieu! s’écria-t-il, vous avez, ma foi, raison: elle m’appartient. Qui vous en a revêtu, si ce n’est mon père? Qui vous a aidé à la garder, si ce ne sont mes aumônes? Paysan! mendiant! Entendez pontifier sa sainteté!

—Oui, répliquai-je, j’étais en effet un paysan et un malheureux laïque lorsque votre père m’a recueilli, et s’il m’avait laissé ce que j’étais, j’aurais pu avoir une excuse de me prêter à n’importe quelle sale besogne que mes supérieurs auraient exigée de moi; mais il a fait de moi un prêtre, et m’a placé au-dessus de vous tous en me confiant le soin de vos âmes comme de la mienne.

Il s’assit, secoué par des sanglots.

—Ah! s’écria-t-il, m’auriez-vous répondu ainsi lorsque nous étions enfants et que je me mettais entre Andrea et vous?

—Si Dieu m’en avait donné la force.