—Après sa mort? Vous?

Je dus laisser percer par trop de surprise dans mon exclamation, car il répondit avec un léger ricanement:

—Ma foi, oui. Vous savez qu’elle est d’une naïveté désolante, cette pauvre femme; sa seule idée de faire faire le portrait de son mari par un peintre à la mode. Ah! le pauvre Stroud! Elle pensait que c’était le plus sûr moyen de faire connaître son talent, de forcer l’opinion du public!

—Etait-ce là son histoire?

—C’était son histoire. Elle avait foi en lui, ou, du moins, le croyait. Mais elle n’admettait pas de n’avoir pas tous les gens du monde avec elle. Elle était désespérée, les jours de vernissage, que l’on pût s’approcher librement de ses tableaux. Pauvre femme! Ce n’est qu’un être incomplet, qui a besoin de s’appuyer sur les autres. Stroud est le seul être complet que j’aie jamais connu.

—Que vous ayez jamais connu? Mais vous venez de dire...

Gisburn eut un étrange sourire.

—Oh! je l’ai connu et il m’a connu, mais après sa mort seulement.

Je baissai instinctivement la voix:

—Quand sa femme vous a envoyé chercher?