—C’est tout naturel, répondit Waythorn, se rappelant que la rupture d’un tuyau, le matin même, avait livré le salon aux ouvriers.
Il ouvrit son étui à cigares et le tendit à Haskett; ce dernier y prit un cigare, et ce simple fait parut resserrer davantage les relations des deux hommes.
La fin de cette journée de printemps ayant ramené un peu de fraîcheur, Waythorn invita Haskett à se rapprocher du feu. Il cherchait une excuse pour se retirer et le laisser seul; mais il était fatigué, il avait froid, et, après tout, le petit personnage insignifiant ne le gênait plus.
Tout en fumant, les deux hommes s’étaient laissé aller à une intimité presque inconsciente, quand la porte s’ouvrit brusquement, et Varick entra.
Waythorn se leva. C’était la première fois que Varick pénétrait dans sa maison, et l’étonnement de le voir, joint à l’inopportunité singulière de sa venue, fit renaître la sensibilité émoussée de Waythorn. Il regarda fixement son interlocuteur sans rien dire.
Varick paraissait trop préoccupé pour remarquer l’embarras du maître de la maison.
—Mon cher ami! s’écria-t-il d’un ton plein d’expansion, je vous fais toutes mes excuses de fondre sur vous de cette manière; mais il était trop tard pour vous joindre à votre bureau et j’ai pensé...
Il aperçut Haskett et s’arrêta en rougissant jusqu’à la racine de ses rares cheveux blonds. En un clin d’œil il eut repris son sang-froid et salua légèrement. Haskett rendit le salut, et Waythorn cherchait encore à retrouver l’usage de la parole, lorsqu’un valet de pied entra, portant la table à thé.
Cette diversion fut d’un heureux effet sur les nerfs de Waythorn.
—Pourquoi diable apportez-vous cela ici? demanda-t-il sèchement.