Alice s’avançait, fraîche et souriante dans son costume de ville, tandis que de son boa rejeté en arrière s’échappait un parfum subtil.

—Prendrons-nous le thé ici? demanda-t-elle.

Puis elle aperçut Varick, et accentua son sourire, comme pour voiler par là son tressaillement de surprise.

—Tiens! comment allez-vous? dit-elle d’un ton dégagé.

Pendant qu’elle tendait la main à Varick, elle vit Haskett derrière lui. Son sourire se glaça un instant, pour reparaître bien vite, accompagné d’un regard oblique lancé à Waythorn.

—Comment allez-vous, monsieur Haskett? dit-elle, en lui donnant une poignée de main sensiblement moins cordiale.

Les trois hommes, fort gênés, restèrent debout devant elle. Varick, toujours le plus maître de lui, finit par se lancer dans une phrase explicative.

—Nous... j’avais à voir Waythorn un instant au sujet d’une affaire, balbutia-t-il en rougissant.

Haskett s’avança, avec son air habituel de doux entêtement:

—Je suis désolé de vous importuner, mais vous m’aviez fixé vous-même le rendez-vous à cinq heures.