Elle le regardait toujours d’un œil ébloui.
—Mais c’est ce qui s’appelle vraiment un grand mariage! dit-elle. Et c’est un brave garçon, n’est-ce pas?
—Ce n’est pas un génie; mais je crois qu’il sera un mari modèle, auquel vous pourrez confier votre protégée sans crainte.
Miss Lambart parut réfléchir profondément; puis elle se leva en soupirant et fit quelques pas dans le petit salon.
—Qu’avez-vous, chère camarade? demanda le jeune homme, en renversant la tête contre le dos de son fauteuil afin de suivre des yeux les mouvements souples et gracieux de la jeune fille.
Elle revint vers lui et s’appuya contre la cheminée.
—J’ai... j’ai que je pense une fois de plus au pouvoir effrayant de l’argent. Réflexion frappante, n’est-ce pas? Mais enfin, quand je songe à cette petite, qui a bon cœur, j’en conviens, mais qui n’a, en somme, ni beauté, ni esprit, ni imagination, ni charme, et qui, malgré cela, n’a qu’à étendre sa main—cette grosse patte rouge et épaisse!—pour cueillir un beau nom, une belle situation et le cœur d’un honnête garçon!
Le Fanois la fixait toujours, avec cette lueur indéfinissable qui lui venait quelquefois aux yeux en la regardant.
—Tandis que vous, ma pauvre amie, qui avez tout cela...
—Ah! taisez-vous! interrompit-elle.