— Bah ! pour une promenade militaire !

— Trop modeste, mon bon ! C’est un joli fait d’armes ; le Moniteur de l’Armée le contera. Es-tu content de toi ? As-tu été un des heureux ? car il y a de la loterie jusque dans les batailles. Qu’as-tu fait ? Qu’as-tu vu ? Qu’as-tu éprouvé ?

— D’abord une peur horrible d’avoir peur.

— Connu, jeune homme, et puis ?

— Et puis fort peu de chose.

— Tu as senti qu’en doutant de toi, tu avais indignement calomnié le fils de monsieur ton père. La colère t’est montée à la tête, et comme il faut taper dans ces occasions-là, tu t’es vengé sur l’ennemi. Est-ce bien ça ?

— A peu près.

— Et encore ?

— Rien de saillant.

— C’est déjà très-joli pour un garçon qui était d’avant-garde, et qui, en fait de prunes, avait droit au dessus du panier. Viens au rassemblement des compagnies.