M. de Saintré ramasse une petite carpe, lui dit un mot de pitié, la lance à l’eau par un geste superbe et s’y jette avec elle. Un cri s’élève de tout le parc ; on accourt de tous côtés. Le jeune homme a glissé dans la vase du fond, il tombe sur les deux mains, tâtonne un seul instant, se relève, me tend le poing et saute légèrement sur la berge. Il est souillé à faire rire et mouillé à faire peine ; ses dents claquent ; il court en grelottant vers la cour des remises et se jette dans la première voiture en partance. Il toussera demain, mais tant pis ! La bague aux perles est dans ma poche. Ottilie peut redescendre. Où donc a-t-elle emmené son mari ?

Où ? Sa mère me l’a conté, ma chère Clarisse, mais je ne vous le dirai point, car votre cœur honnête et fier ne consentirait jamais à le croire.

Femmes ! femmes ! femmes ! En voilà une qui est adorée d’un jeune homme charmant, qui commence sans doute à l’aimer ; qui ne peut pas en conscience préférer ce vieux Brescia farouche à ce jeune et galant Saintré : et pour retrouver une bague, pour gagner une demi-heure, pour retenir son mari loin de la pièce d’eau…

....... .......... ...

Clarisse, ma bien-aimée, écrivez-moi que malgré le temps, la distance et les circonstances, vous serez toujours à moi, rien qu’à moi !

Je vous baise les mains… Non ! je baise vos petits pieds. Ils n’ont jamais porté de bagues.

Raoul.

FIN.

TABLE.

Le Turco[1]
Le Bal des artistes[123]
Le Poivre[151]
L’Ouverture au château[167]
Tout Paris[197]
La Chambre d’ami[219]
Chasse allemande[249]
L’inspection générale[261]
Les cinq perles[291]