«Lefébure ou Marsal? choisis! ajouta Mme Michaud.
—Ni l'un ni l'autre, répondit-elle.
—Et pourquoi, ma nièce?
—Parce que je ne les aime pas, ma tante.
—Comme tu dis cela! Je ne te demande pas si tu es amoureuse d'un de ces messieurs; on se marie d'abord par amitié, l'amour vient ensuite.
—Je veux aimer mon mari d'avance.
—D'abord, cela n'est pas de bon ton. Je ne sais rien de choquant comme ces mariées qui raffolent de leur mari: elles ont l'air d'être à la noce! Quand j'ai épousé M. Michaud, je le connaissais, je l'estimais, je faisais le plus grand cas de son caractère, mais je ne l'aimais pas plus que l'empereur de la Chine. L'amour est un arbre qui croît lentement; il n'y a que la mauvaise herbe qui pousse vite.
—Chère tante, est-il aussi de bon ton qu'un mari épouse une femme sans l'aimer?
—Je n'ai pas dit cela, ne me prête pas de sottises!
—C'est qu'il me semble que ces messieurs ne m'aiment ni l'un ni l'autre.