—Moi?

—Répondez-moi franchement. Vous ne voulez point qu'il guérisse, n'est-ce pas?

—Pourquoi?

—Pour que sa fortune reste entre vos mains. Vous voulez être riche? Il vous fâche d'avoir travaillé si longtemps sans faire fortune? Vous pensez que votre tour est venu?»

M. Morlot ne répondait pas. Il avait les yeux fichés en terre. Il se demandait s'il ne faisait pas un mauvais rêve, et il cherchait à démêler ce qu'il y avait de réel dans cette histoire de mains liées, cet interrogatoire, et les questions de cet inconnu qui lisait à livre ouvert dans sa conscience.

«Entend-il des voix?» demanda M. Auvray.

Le pauvre oncle sentit ses cheveux se dresser sur sa tête. Il se souvint de cette voix acharnée qui lui parlait à l'oreille, et il répondit machinalement: «Quelquefois.»

—Ah! il est halluciné.

—Mais non! je ne suis pas malade! Laissez-moi sortir! Je perdrais la tête ici. Demandez à tous mes amis, ils vous diront que j'ai tout mon bon sens. Tâtez-moi le pouls, vous verrez que je n'ai pas la fièvre.

—Pauvre oncle! dit François. Il ne sait pas que la folie est un délire sans fièvre.