—Je t'en commencerai un le lendemain du mariage.
—Merci. Je te demanderai encore un service.
—Si ce n'est pas un service d'argenterie....
—Tu sais, mon cher, que j'ai près de quarante ans, et point de place. A mon âge, tout le monde est casé, c'est la coutume. Il me fâche de faire exception, et d'entendre murmurer autour de moi: «M. de Chingru; un beau nom; qu'est-ce qu'il fait?—Il a de quoi vivre: c'est un homme qui ne demande rien à personne.—Oui; mais qu'est-ce qu'il fait?» Parbleu! je ferais comme tout le monde, si j'avais seulement une place de trois mille francs! Voyons, mon petit Tourneur, je ne te demande rien maintenant; plus tard, si tu es content. Tu as du crédit, tu connais les hommes haut placés, tu vas chez les ministres; tu diras un mot pour moi, pas vrai?
—A quoi es-tu bon?
—A tout, car je n'ai rien étudié spécialement.
—Eh bien! je ne dis pas non. A quelle heure demain?
—A deux heures. Elle sera seule avec sa tante; tu viendras pour acheter un lot de terrain.
—Veux-tu que j'aille te prendre?
—Non, non; c'est moi qui passerai à ton atelier; je ne suis jamais chez moi. Sais-tu seulement où je demeure?