—Non, et voici le premier....
—Sachez donc que l'atelier d'un artiste est comme un terrain neutre, une place publique ombragée en été, chauffée en hiver, où l'on vient quand on veut, d'où l'on sort quand on en a assez, où l'on se rencontre, où l'on se donne des rendez-vous, où chacun est chez soi depuis le lever jusqu'au coucher du soleil. Un étranger qui vient à Paris visite les ateliers comme les palais et les églises, sans billets à montrer, sans permissions à obtenir, à la seule condition de saluer en entrant et de remercier en sortant. Il y a mieux, c'est l'artiste qui remercie.
—Mais je ne veux pas que la France et l'étranger viennent ici défiler devant ma fille!
—N'est-ce que cela? Je condamnerai ma porte.
—Mais encore faut-il que ses visites aient un prétexte plausible.
—Rien de plus simple: je ferai son portrait.
—Jamais, monsieur! Je suis incapable d'accepter....
—Vous me le payerez!
—Je ne suis pas assez riche pour me passer cette fantaisie.