» Aucun ministre ne me défendra d’annoncer sur mes quatre dernières pages les biberons les plus infaillibles et les médicaments les plus mystérieux ;
» Et de faire par ces moyens une fortune colossale ;
» Et de gagner l’estime et la considération qui accompagnent la richesse.
» Voilà ma politique.
» La plus riche de toutes les libertés, c’est la liberté de s’enrichir.
Comme elle achevait de parler, je vis accourir un homme en blouse qui s’essuyait le front avec un mouchoir brodé. Il avait des lunettes d’or sur le nez, une casquette sur la tête et quatre millions dans la poche. Au premier coup d’œil, je crus reconnaître en lui un de ces ouvriers de la pensée qui demandaient la députation en 1848.
— Arrivez donc ! cria le président ; il y a un Siècle que nous vous attendons.
— Vous m’excuserez, répondit-il avec une simplicité majestueuse. J’étais chez le marchand de vins de la rue du Luxembourg, et je parlais de gloire et de liberté à quelques prolétaires en goguette.
Le chapelet crasseux murmura entre ses dents :
— Chez le marchand de vins ! Il y est toujours. On n’y entre jamais sans le rencontrer sur la table, ou dessous.