«Partant pour la Syrie!»

Fougas lança le miroir contre terre en criant:

— Qu'est-ce que vous me contiez donc là? J'entends la chanson de la reine Hortense!

Mr Renault lui expliqua patiemment, tout en recueillant les débris du miroir, que la jolie chanson de la reine Hortense était devenue un air national et même officiel, que la musique des régiments avait substitué cette aimable mélodie à la farouche Marseillaise, et que nos soldats, chose étrange! ne s'en battaient pas plus mal. Mais déjà le colonel avait ouvert la fenêtre et criait au Savoyard:

— Eh! l'ami! Un napoléon pour toi si tu me dis en quelle année je respire!

L'artiste se mit à danser le plus légèrement qu'il put, en secouant son moulin à musique.

— Avance à l'ordre! cria le colonel. Et laisse en repos ta satanée machine!

— Un petit chou, mon bon mouchu!

— Ce n'est pas un sou que je te donnerai, mais un napoléon, si tu me dis en quelle année nous sommes!

— Que ch'est drôle, hi! hi! hi!