III

Pontmartin, comme on le voit, m’avait donné poliment mon congé d’incitateur académique. Il l’avait déjà précédemment donné à Léopold de Gaillard, et aussi à Victor de Laprade, auquel il avait écrit:

Je suis à la fois, mon cher ami, profondément touché et sincèrement désolé de la façon dont vous avez pris, Léopold et vous, une confidence qui ne devait rien vous apprendre. Mon devoir est de trancher dans le vif ces illusions de l’amitié et de ne pas vous préparer, dans l’avenir des déceptions et des regrets. C’est une chose dite, arrêtée, irrévocable, et la meilleure marque d’affection que puissent me donner ceux qui m’aiment, c’est de ne plus m’en parler. J’écrirai dans ce sens à Autran et à Cuvillier-Fleury. Je résume dans le gnôthi séauton et dans le non possumus ce petit débat et je ne vous demande plus, cher poète, que la Voix du silence[436]...

Les Bretons sont têtus, et, dès la fin de cette même année 1872, je revenais à la charge.

Le P. Gratry était mort, à Montreux, le 7 février 1872. L’élection de son successeur devait avoir lieu le 16 janvier 1873. J’adressai un nouvel appel à l’auteur des Samedis. Voici sa réponse:

Les Angles, mercredi soir 25 décembre 72

(le beau jour de Noël).

Mon cher ami,

Vous avez compris que nos deux lettres s’étaient croisées et que j’avais à peine eu le temps de vous remercier des deux journaux...