Vendredi 1er septembre.—Flaubert racontait que pendant ces deux mois, où il est resté chambré, la chaleur lui avait donné comme une ivresse de travail, et qu'il avait travaillé quinze heures tous les jours. Il se couchait à quatre heures du matin, et s'étonnait de se trouver à sa table de travail, quelquefois à neuf heures.
Un bûchage, coupé seulement de pleines eaux dans la Seine, le soir.
Et le produit de ces neuf cents heures de travail, est une nouvelle de trente pages.
* * * * *
Samedi 2 septembre.—À mon âge, et dans mon métier, quand on se sent, certains jours, talonné par la mort, l'angoisse est affreuse de savoir, s'il vous sera donné de terminer le livre commencé, et si la cécité, le ramollissement du cerveau, ou enfin la mort, n'inscriront pas le mot fin, au milieu de votre œuvre.
* * * * *
Dimanche 3 septembre.—Turgan disait à Toto Gautier: «Vois-tu, pour gagner de l'argent, il ne faut pas être de ceux qui travaillent, il faut s'arranger pour être de ceux qui font travailler.»
————A la maison centrale de Melun, lors du changement de régime qui amena la suppression du tabac pour les détenus, des frères et amis jetaient par-dessus les murs des morceaux de pipes culottées, dont les détenus, à défaut d'autre chose, chiquaient la terre imbibée de nicotine.
* * * * *
Vendredi 3 octobre.—Hier, j'ai reçu un livre d'un jeune homme, nommé Huysmans: l'HISTOIRE D'UNE FILLE, avec une lettre qui me disait le livre arrêté par la censure. Le soir, dans le fond du salon de la princesse, j'ai causé, une bonne heure, avec l'avocat Doumerc, de l'affaire de ma désastreuse hypothèque.