Un jour qu'il était amené par son désir de voir les deux sœurs devant la maison, tout le monde était en émoi sur la porte. On lui dit que la plus jeune, la plus belle, avait une fièvre chaude. Il se promenait, quelques instants, devant les murs de bois, au travers desquels passaient des bruits de paroles qu'il n'entendait pas, mais qui mordaient sa curiosité.

Enfin, dans un moment où on ne faisait pas attention à lui, il entrait et pénétrait dans la chambre. La jeune fille était couchée toute habillée sur son lit, ne montrant d'un peu découvert que son cou qui était très blanc. Elle avait la tête renversée en arrière, avec un regard flottant entre ses paupières entr'ouvertes, et de la bouche de la jolie fillette sortaient toutes les impuretés, toutes les obscénités, toutes les salauderies imaginables, ainsi que le flot de purin d'un fumier—cela, pendant que pleurait auprès d'elle une vieille tante, en se cachant la figure dans ses mains.

… Alors Flaubert se met à attaquer—toutefois avec des coups, de très grands coups de chapeau, au talent de l'auteur—se met à attaquer les préfaces, les doctrines, les professions de foi naturalistes de Zola.

Zola répond à peu près ceci:

«Vous, vous avez une petite fortune qui vous a permis de vous affranchir de beaucoup de choses… moi, ma vie, j'ai été obligé de la gagner absolument avec ma plume, moi j'ai été obligé de passer par toutes sortes d'écritures, oui d'écritures méprisables… Eh! mon Dieu, je me moque comme vous de ce mot naturalisme, et cependant, je le répéterai, parce qu'il faut un baptême aux choses, pour que le public les croie neuves… Voyez-vous, je fais deux parts dans ce que j'écris, il y a mes œuvres, avec lesquelles on me juge et avec lesquelles je désire être jugé, puis il y a mon feuilleton du BIEN PUBLIC, mes articles de Russie, ma correspondance de Marseille, qui ne me sont de rien, que je rejette, et qui ne sont que pour faire mousser mes livres.

«J'ai d'abord posé un clou, et d'un coup de marteau, je l'ai fait entrer d'un centimètre dans la cervelle du public, puis d'un second coup, je l'ai fait entrer de deux centimètres… Eh bien mon marteau, c'est le journalisme, que je fais moi-même autour de mes œuvres.»

————Chez quelques chirurgiens, leur travail de tous les jours, dans le muscle, dans la chair, leur apporte quelquefois le dégoût de la viande. C'est ainsi, que le frère de Flaubert ne se nourrit presque que de pain et de vin.

————Un mot d'une vieille poétesse. Elle disait à un ami d'un étudiant en médecine, qui était son amant dans le moment:

«Eh bien, qu'est-ce qu'il est devenu votre ami… voici plus de quinze jours que je ne l'ai vu… et à mon âge, et avec mon tempérament… est-ce là, croyez-vous, de l'hygiène?»

————Un volume qui est sous presse, et qui n'a point encore paru, laisse son auteur, dans un état vague, dans une résolution singulière de l'activité et du travail. Il vit, pour ainsi dire, tout ce temps, dans une vie mal éveillée.