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—Il est indispensable, pour être célèbre, d'enterrer deux générations: celle de ses professeurs et celle de ses amis de collège,—la vôtre et celle qui vous a précédé.
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Il y a dans le talent de certains hommes, une certaine continuité et égalité de production qui parfois m'ennuie. Ils ne me semblent plus écrire, mais couler. Ce sont ces fontaines de vin des fêtes publiques, une distribution de métaphores au peuple.
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Le peuple se promène au cimetière et fait des visites à l'hôpital.
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_15 octobre.—Edouard nous enlève passer deux jours à la Comerie… Nous allons voir, au château de Boran, chez la comtesse de Sancy dont le mari est Sancy-Parabère, et qui est dame d'honneur de l'Impératrice, le portrait de Mme de Parabère.
C'est un triomphant portrait de Largillière. La dame galante, dans un corsage aux tons violets, affectionnés par le Titien, trône sur des ondoiements de satin saumoné. D'une main elle cueille un oeillet donné par le Régent, et qui serait, d'après une légende de famille, le prix de sa livraison. Dans le bas du tableau, un négrillon du Véronèse tend une corbeille de fleurs à celle que le Régent appelait mon petit corbeau noir, à la frêle jeune femme aux nerfs d'acier pour le plaisir et l'orgie.
Un portrait où éclate l'esprit de la physionomie, ce caractère tout moderne et qui se lit assez peu dans les portraits du temps de Louis XIV, et même dans la plupart des portraits, au type bovin de la Régence, peints par Nattier. Et à cette physionomie moderne se trouve alliée une grâce légère et volante dans l'arrangement du costume, et l'accommodement de la chevelure joliment frisée et relevée en deux cornes, qui lui font un diadème de déesse amoureuse: toutes choses dont il n'existe rien dans le portrait gravé de Vallée.