Et l'on cause de la cherté du mariage à la Nonciature apostolique et ailleurs, et il me raconte qu'à son mariage, sa belle-mère se plaignant de cette cherté à l'abbé, avec lequel elle réglait la cérémonie, l'abbé lui avait répondu: «Oh! madame, ce serait encore plus cher, si au lieu de marier votre fille, vous la faisiez enterrer!»

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Dimanche 9 novembre.—Cette vénération des jeunes littérateurs pour la littérature, prenant des personnages et des décors dans le passé, cette vénération qui leur fait préférer SALAMMBÔ à MADAME BOVARY, a pour moi quelque chose de l'admiration respectueuse des gens des secondes galeries, pour les pièces de théâtre ayant pris les personnages et les décors de notre ancienne monarchie.

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Dimanche 23 novembre.—Par un temps à ne pas mettre un chien dehors, me voici à cinq heures en bas de mon lit, et bientôt dans le chemin de fer de Rouen, avec Zola, Maupassant, etc., etc.

Je suis frappé, ce matin, de la mauvaise mine de Maupassant, du décharnement de sa figure, de son teint briqueté, du caractère marqué, ainsi qu'on dit au théâtre, qu'a pris sa personne, et même de la fixité maladive de son regard. Il ne me semble pas destiné à faire de vieux os. En passant sur la Seine, au moment d'arriver à Rouen, étendant la main vers le fleuve couvert de brouillard, il s'écrie: «C'est mon canotage là dedans, le matin, auquel je dois ce que j'ai aujourd'hui!»

Visite à Lapierre malade dans son lit, et de là déjeuner chez le maire.

Dehors, toujours de la bruine, de la pluie et du vent, le temps ordinaire des inaugurations à Rouen, et là dedans, une population tout à fait indifférente à la cérémonie qui se prépare, et prenant tous les chemins qui n'y mènent pas. En tout une vingtaine de Parisiens dans les lettres et le reportage, et une fête avec tente pour les autorités, et musique de foire, comme pour les comices agricoles de MADAME BOVARY.

D'abord une promenade dans le musée, à travers des manuscrits de Flaubert, sur lesquels est penchée une députation de collégiens, puis enfin l'inauguration du monument pour de vrai.

Diable, moi qui ne peux lire, chez moi, une page de ma prose à deux ou trois amis, sans un tremblement dans la voix, je l'avoue, je suis plein d'émotion, et crains que mon discours ne s'étrangle dans mon larynx, à la dixième phrase.